par Marc ROUSSET
- A propos de l’édition russe de Notre Faux-Ami l’Amérique – Pour une Alliance avec la Russie – Préface de Piotr Tolstoï – Editions « Ves Mir » – Moscou -2025.
Marc Rousset est de retour d’un déplacement de 10 jours à Moscou, ,début décembre 2024, où il a pu rencontrer son préfacier Piotr Tolstoï, Vice-Président de la Douma et arrière petit- fils de Léon TolstoÏ , le Président Alexeï Gromyko, petit- fils du très connu et ancien Ministre du Commerce Extérieur de l’URSS, Président de l’Institut de l’Europe (l’Académie des Sciences de Russie),le grand Recteur très célèbre en Russie et très proche du Ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov , Monsieur Anatoli Torkounov du MGIMO (institution la plus célèbre de Russie, où il a déjà pu donner une conférence aux étudiants du MGIMO), et enfin le plus grand éditeur géopolitique de Russie, Monsieur Oleg Zimarin , Directeur et Fondateur des éditions « Ves Mir » .. Ce dernier lui a demandé d’écrire 3 pages pour le lecteur russe, à son retour en France, en avant -propos de l’édition en langue russe. L’ouvrage sera publié en Russie en mai 2025. Le lecteur de METAINFOS trouvera ci-dessous le texte pour le lecteur russe, en exclusivité et en langue française.

A l’attention de mes amis lecteurs russes
La Russie de Vladimir Poutine reprend le combat qui fut celui du Général de Gaulle pendant 30 ans, mais avec une menace potentiellement plus grande pour les Etats-Unis, de par sa taille, ses ressources et sa situation géopolitique.
L’ennemi de l’Europe, ce n’est pas la Russie, mais elle-même, avec sa haine de soi, l’invasion migratoire extra-européenne, l’islamisme terroriste et conquérant, l’impérialisme américain de son « Faux -Ami l’Amérique » ! La Russie n’est plus l’URSS avec son idéologie communiste menaçante !

Le général de Gaulle avait déjà parfaitement compris, lors de sa déclaration à Nixon à Paris, le 28 février 1969, que le rapprochement Europe/Russie était naturel, historique, civilisationnel, contrairement à un rapprochement avec la Chine. La guerre par procuration de l’Amérique en Ukraine, avec l’aide des gouvernements valets européens, empêche de constituer le grand espace européen de Brest à Vladivostok ! Le dernier message de Madame Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire Perpétuel de l’Académie Française, grande amie de la Russie, était que « l’Europe doit cesser de jeter la Russie dans les bras de la Chine » ! Selon Vladimir Federovski, « la plus grande erreur commise par l’Occident, dans les années 1990, est de ne pas avoir associé la Russie au monde occidental ».

L’ambition historique du Président Poutine de rassembler de nouveau le peuple russe, après l’éclatement désordonné de l’URSS, est tout à fait justifié. Vladimir Poutine a pu déclarer à juste titre : « Le destin de la Russie et ses perspectives historiques dépendent de combien nous serons ! ». La survie à long terme de la Russie passe par le rassemblement du peuple russe, par une démographie saine et dynamique, et par son rapprochement avec l’Europe !

L’Amérique est la seule responsable de la guerre en Ukraine car, comme a pu l’écrire Montesquieu : « Les responsables des guerres ne sont pas ceux qui les déclenchent, mais ceux qui les ont rendues inévitables » !
La Russie devrait donc se rapprocher de l’Europe pour des raisons géopolitiques (menaces potentielles de nombreux voisins), démographiques et économiques (complémentarité matières premières et énergie, proximité géographique).

La France et l’Europe des nations devraient aussi se rapprocher de la Russie ! Le lien impérialiste transatlantique n’est qu’une chimère qui ne correspond pas aux réalités géographiques, humaines, culturelles, économiques, militaires et géopolitiques du continent pan-européen. L’Avenir est avec la Russie, avec des valeurs civilisationnelles et traditionnelles communes. L’Europe, de plus, ne peut pas se passer de l’énergie et des matières premières russes ; d’étroites collaborations sont possibles dans le spatial, le militaire, le nucléaire, l’industrie navale, l’aéronautique, l’exploitation des ressources énergétiques et minières. La Russie apporterait de plus à l’Europe les nouvelles voies navigables de l’Arctique, une nouvelle route d’accès vers l’Inde et l’Asie par la Mer Caspienne, et une ouverture vers Vladivostok et l’Océan Pacifique ! Comme Hercules à la croisée des chemins, l’Europe doit choisir entre l’hégémonie américaine faisant d’elle un appendice touristique et humanitaire, ou l’autonomie stratégique et la puissance, en s’alliant avec la Russie !

Etre ou ne pas être, selon William Shakespeare ! Etre Européen ou être Américain ! Voilà la question ! L’Europe ne va pas de Washington à Bruxelles, mais de Brest à Vladivostok ! La conception américaine de la « fin de l’histoire » demande à l’Amérique de rester la nation la plus puissante et à toutes les autres de ne plus l’être ! Comme a pu l’écrire Peter Sloterdjik, « en nous américanisant, nous avons démissionné ; nous avons renoncé à nos propres ambitions impériales, à notre orgueil historique. »

L’Union Européenne se dilate sous l’ombrelle du protectorat américain de l’OTAN et s’agrandit par annexions successives, avec le pressentiment de sa propre liquidation à venir. L’Europe doit appliquer à son tour la doctrine Monroe des Etats-Unis, afin qu’elle ne soit pas, à plus grande échelle, un fac-similé de Porto-Rico !
L’Europe a découvert l’Amérique, il y a plus de cinq cents ans. Le moment est venu pour l’Europe de l’oublier et de se redécouvrir elle-même, grâce au catalyseur, à l’accélérateur, au multiplicateur de puissance pan-européen de Brest à Vladivostok !

Selon Julien Freund, l’Europe ne serait pas entrée en décadence par épuisement, mais par l’accomplissement de son destin ! Seul un projet européen d’avenir avec une vision pan-européenne de l’Océan Atlantique à l’Océan Pacifique, est susceptible de redonner à l’Européen un sentiment d’espoir, de force, de puissance, de masse critique suffisante à l’échelle du globe, pour éveiller un sentiment de renouveau et le sortir de son engourdissement progressif et mortel à terme !
Tout se passe comme si l’Européen avait fait son temps et devait devenir une relique de l’histoire subissant l’assaut inexorable des forces montantes nouvelles de la Chine, de l’Inde, des pays émergents, de l’islamisme terroriste et conquérant ! L’avenir de l’homme européen est à l’Est !

En 2008, le journal russe Rossiskaîa Gazeta écrivait déjà, avec un sentiment prémonitoire : « L’avenir de l’Europe n’est pas dans une « Union Européenne » qui gonfle démesurément, jusqu’à en perdre son identité, mais dans la création de deux alliances qui s’équilibrent mutuellement et rivalisent amicalement : Une Union Ouest-Européenne et une Union Est-Européenne. »

Selon John Maynard Keynes, « ce sont les idées qui mènent le monde ». La nécessité pan-européenne finira donc inéluctablement par s‘imposer. Comme l’a remarqué Jordis von Lohaudsen, ancien général autrichien de la Wehrmacht et de l’OTAN : « l’espace continental européen est la seule grandeur stable dans l’équation de la politique mondiale ». L’alliance continentale russo-européenne est donc la seule façon de bouleverser la donne mondiale en faveur des héritiers de l’Ancien Monde !
Les Européens ont non seulement beaucoup d’intérêts communs avec leur grand voisin russe, mais aussi un Avenir commun, ce qui n’est pas le cas avec les Etats-Unis, car l’Océan Atlantique sépare le Vieux Continent de l’Amérique !

Face à la « Forteresse Amérique » de Donald Trump, les Européens se doivent donc de mettre en place la « Forteresse Europe » de Brest à Vladivostok !
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