par Dionysos ANDRONIS
- A propos de Jan De Vries, L’univers mental des Germains, éditions ACE, France, 2022, 370 pages.

Cette édition reprend à la lettre l’ancienne traduction de Jean-Paul Allard (1940-2023) de cet essai de Jan De Vries (189-1964). Cette traduction est premièrement parue en 1987 aux éditions du Porte-Glaive :

De Vries était un linguiste, sa langue maternelle était l’hollandais mais il maitrisait très bien aussi l’allemand et c’est dans cette langue qu’il a écrit l’ouvrage ci-dessus. « Le néerlandais était sa langue maternelle, puisqu’il est né en 1890 à Amsterdam. Mais un véritable don des langues allait lui permettre, tout au long de sa carrière scientifique, de s’exprimer et de rédiger avec élégance et clarté dans sept de nos langues européennes » (écrit par J.P. Allard, op.cit., page 4).



L’ouvrage original est sorti en allemand en 1943. Cette année les Pays Bas étaient encore sous occupation nazie. « Entre 1926 et 1946, il fut professeur à l’université de Leyde, où il fut licencié après avoir été reconnu coupable de collaboration intellectuelle avec l’occupant allemand….Durant l’occupation allemande des Pays-Bas pendant la Seconde Guerre mondiale, Jan de Vries collabore et témoigne une sympathie active pour l’Ahnenerbe. Ce qui le pousse en 1944 à fuir à Leipzig. Après la guerre, il perd ses titres académiques » (copié sur le site Babelio).

Nous avons adoré cet ouvrage parce qu’il nous offre une analyse profonde des liens qui unissent deux géants de la littérature germanique : Tacite (58-120) et Snorri Sturlusson (1179-1241) et leurs ouvrages respectifs « Germanie » et « Edda poétique« .

Le néologisme « démonique » apparaît la première fois à la page 166 mais il nous est expliqué à la page 178. »L’allemand « damonisch« , dont le sens dérive directement de celui du grec « daimon » ne sautait être rendu en français par « démoniaque » sans aboutir à un grave contresens. D’où le choix du néologisme « démonique » qui renvoie directement au sens étymologique et reste ainsi plus fidèle à l’esprit du texte » ( page 178).

Une conclusion satisfaisante est exprimée un peu plus loin : « Mais Varuna ou Odin sont tous différents. En eux règne un élément presque démonique, ce manifeste ce qu’il y a de plus redoutable dans la puissance divine » ( page 300).

Vous comprenez maintenant pourquoi nous avons exprimé une prédilection pour l’odinisme tout au long de notre correspondance avec le site? Après Freya Aswynn, il s’agit pour nous du deuxième essayiste hollandais à vous présenter.

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