par Michel LHOMME
Lassés des émeutes, les assureurs lâchent les entreprises ultramarines

Nouvelle-Calédonie, Antilles, Mayotte… Face aux violences urbaines à répétition dans les territoires ultramarins, les compagnies d’assurance encore présentes ont annoncé qu’elles cesseraient de prendre de nouveaux clients ou réviser leurs contrats à destination des entreprises et toutes en appellent à l’Etat.
Un milliard d’euros: chiffré en septembre par la fédération professionnelle France Assureurs, c’est le coût pour les assureurs des dégâts causés par l’insurrection d’une ampleur inédite ayant ravagé la Nouvelle-Calédonie à partir de mai dernier.

Depuis, de nouvelles émeutes ont aussi éclaté en Martinique où, sur fond de mouvement anti-vie chère, des dizaines de surfaces commerciales ont été cambriolées, pillées ou incendiées.

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase, pour les compagnies d’assurance. Elles estiment que « les émeutes ne sont plus un risque, mais un fait« , résume Céline Rose, la présidente de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) Martinique, qui dit faire face à une vague de résiliation de contrats.

Generali a été le premier à amorcer le mouvement, refusant d’assurer en Nouvelle-Calédonie et déclarant dans l’hebdomadaire spécialisé L’Argus de l’assurance le 22 novembre « suspendre la souscription » de nouveaux contrats pour les entreprises des Antilles. Selon lui, les émeutes du mois de septembre en Martinique ont coûté 20 millions d’euros à la filiale locale de Generali, GFA Caraïbes. « Ramené à la taille de ces départements, c’est extrêmement élevé », précise-t-il.

Jeudi dernier, Groupama et Allianz – les deux autres grands acteurs de l’assurance aux Antilles – ont à leur tour annoncé limiter leurs offres en Martinique et en Guadeloupe. Groupama, dont le bénéfice net au premier semestre a été impacté par les émeutes en Nouvelle-Calédonie, a confirmé avoir pris une mesure similaire pour l’archipel du Pacifique. Concrètement, ces décisions signifient que les dégâts liés à des émeutes ou des troubles civils ne seront plus indemnisés par les assurances. Mais sans couverture du risque émeutes, difficile voire impossible de convaincre une banque de financer votre projet, d’obtenir un prêt pour la reconstruction ont alerté tous ensemble les représentants patronaux, se retournant contre l’Etat incapable désormais de garantir la sécurité sur le territoire. Si la situation s’est calmée en Nouvelle-Calédonie elle demeure néanmoins incertaine : ce week-end un collège, le collèe Normandie ainsi qu’hier une mairie de brousse a été incendiée.
Les difficultés à être assuré hypothèquent les conditions de la reconstruction en Nouvelle-Calédonie, compliquent les enjeux de réparation en Martinique.

Face au problème, tous les acteurs se retournent donc vers l’État. Côté assureurs, on estime que celui-ci a failli dans sa mission de maintien de l’ordre et que sa responsabilité est engagée dans les épisodes de troubles qui ont marqué 2024. Ce que nous confirmons tout à fait.

En octobre, Generali a annoncé le dépôt d’un recours au civil contre l’Etat pour être remboursé des sommes versées aux assurés touchés par les émeutes en Nouvelle-Calédonie. Sa démarche pourrait ne pas être isolée mais c’est à tous les citoyens impactés par l’insécurité grandissante qui devraient exiger des indemnisations. Faut-il rappeler l’essence du contrat social républicain de la République-léviathan ? Le paiement de l’impôt en échange de la sécurité, le pacte de la violence légitime quand en Nouvelle-Calédonie, ce sont les propres citpoyens constituant des barrages d’auto-défense qui ont seuls permis de sauver leurs biens, les gendarmes étant occupés à protéger les personnalités du territoire en priorité et les beaux quartiers.

En Nouvelle-Calédonie, les deux assureurs les plus présents sont l’Allemand Allianz et Generali. Si l’Etat ne fait pas son travail, et si les assureurs s’en vont, il n’y aura plus qu’à créer une assurance d’Etat !

Sollicité par l’AFP sur la question, Bercy n’a pas répondu.

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