A-T-ON SANS CESSE BESOIN DE DIABOLISER ?

par Dionysos ANDRONIS         

  • A propos de Nae Ionesco, La question juive, éditions Librairie Roumaine Antitotalitaire, Paris, 1997, 56 pages.

Nous avions trouvé cet ouvrage rarissime à la défunte Librairie du Savoir, il y a longtemps. L’ouvrage entier serait la préface écrite par Nae Ionesco, philosophe roumain (1890-1940) pour le roman du roumain juif, Joseph (Iosif) Hechter (1907-1945), Depuis deux mille ans, sorti en 1934 qui publiait sous le pseudonyme de Mihail Sebastian : (https://fr.wikipedia.org/wiki/Mihail_Sebastian)

Nae Ionesco faisait partie du mouvement légionnaire et il a été aussi assassiné par les services secrets du roi Carol II, qui avait une maîtresse juive. Tandis qu’Ionesco était antisémite, son protégé Joseph Hechter était juif :

Georges Danesco écrit dans l’avant-propos de l’ouvrage : « Ionesco fait de Hechter l’un de ses collaborateurs au journal nationaliste La Parole…. Hechter prend pour pseudonyme littéraire le nom de Mihail Sebastian » (page 7).

Nae Ioescu, après sa « trahison » de 1938 en faveur de la Garde de Fer, est représenté en diable, entouré de disciples admiratifs, dans la fresque du Jugement dernier figurant sur la façade de la cathédrale patriarcale de Bucarest.

« Peut-on vivre sa vie sans toujours diaboliser quelqu’un? Quel est le rapport entre une diabolisation banale comme celle de Nae Ionesco par Sebastian Hechter et la diabolisation des personnages et des héros de l’histoire concrète? » (op.cit., p.10).

Membres de la « Garde de fer » fasciste abattus en septembre 1939 par la gendarmerie sous la dictature carliste : la banderole proclame « ainsi finissent les assassins traîtres à leur pays », les fascistes étant considérés comme des « agents de l’Allemagne », tout comme les communistes étaient traités en « agents de l’URSS ».

Une conclusion s’impose : « Le christianisme et le judaïsme sont deux des mondes tout à fait étrangers l’un à l’autre » (op.cit.,p.49).


Nae Ionescu

Le fait que les juifs sont considérés comme éléments révolutionnaires est refusé par l’auteur. « Aujourd’hui le seul pays révolutionnaire en Europe est l’Allemagne » (op.cit., p.37).

En 1943, Mihail Sébastian dans le lycée où il enseigne.

90 ans après la rédaction de cet essai, cette deuxième conclusion nous paraît juste.

                             


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