par Michel LHOMME
Difficile de détourner le regard des problématiques stratégiques et militaires ces dernières semaines, tant elles dominent l’actualité politique européenne avec des discours de part et d’autre de plus en plus va-t’en guerre : voir notre série d’articles en date du 29 septembre :
- https://metainfos.com/2024/09/29/reconquetevote-pour-la-guerre/
- https://metainfos.com/2024/09/29/special-guerre-le-danemark-pret-pour-la-guerre/
- https://metainfos.com/2024/09/29/special-guerre-leurope-se-prepare/
- https://metainfos.com/2024/10/02/quand-arrivera-la-troisieme-guerre-mondiale/
Si de nombreux paramètres restent encore difficiles à démêler, une chose ne fait plus de doute : le futur de l’Europe se construira sur la guerre.
Or rappelez-vous le lancement de l’euro et les promesses de paix des traités de Maastricht et de Lisbonne. Comment avons-nous donc pu être aussi naïfs et soumis ?

Alors que jusqu’à aujourd’hui, la propagande européiste a toujours présenté les institutions européennes, leur défense, leur développement, comme indispensables au maintien de la paix sur le vieux continent, on voit à présent qu’elle s’accommode non seulement parfaitement de la guerre mais qu’elle nous y précipite.
Cette donnée, qui n’est pas réellement nouvelle mais qui ne peut plus être niée, a plusieurs conséquences directes : aucune solution diplomatique à la guerre en Ukraine ne pourra émerger de l’Occident à court terme puisque l’Occident ne peut pas admettre une énième défaite et la victoire de la Russie ; l’UE va donc nécessairement déployer dans les semaines qui viennent une stratégie pour reconstruire une industrie de la défense, sur laquelle elle compte désormais développer une puissance industrielle plus large qu’elle avait cru possible avec le mirage de la transition écologique bientôt rangée avec le fiasco des batteries des voitures électriques (http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2024/09/25/crise-profonde-de-l-industrie-automobile-a-cause-du-rejet-ideologique-du-mo.html) aux oubliettes de l’histoire (curieux d’ailleurs qu’on ne nous donne jamais le bilan carbone des lancements d’obus et de missiles !).
Mais soyons clairs : cette stratégie est selon nous vouée à l’échec en raison des divisions économiques et sociales trop profondes pour que la société puisse adhérer à ce projet. C’est donc une implosion du projet européen, se contredisant ouvertement au regard de ses objectifs originels et incapable de contenir les pressions internes, qui adviendra, selon nous, dès le début de l’année 2025 dans une situation française de quasi banqueroute où il faudra bien se débrouiller pour piller l’épargne des Français et en particulier des retraités (suppression de l’indexation sur l’inflation, taxation du patrimoine et ce pour honorer le paiement des usines d’armement).
Mais comment parler de guerre sans se tourner vers un horizon de paix, sans en envisager aussi sa fin ?

Un des enseignements annexes du génocide de Gaza nous est ainsi occulté : c’est le futur de l’ONU, dont le Conseil de sécurité apparaît de plus en plus défaillant pour représenter et traiter la complexité du monde actuel.
L’hypocrisie occidentale désormais révélée au grand jour a réellement produit un séisme diplomatique dans le monde : la parole occidentale n’a plus aucune crédibilité. C’est elle qui s’est révélée ne connaître que la force.
La leçon a été particulièrement retenue par la Chine dont la puissance militaire, matériellement et en hommes ne cesse de s’accroître mais aussi par les états africains, puissances à venir de par leur bombe démographique ( immigration et grand remplacement européen en cours).

De plus, face aux défaillances humaines, au marasme économique, le recours aux intelligences artificielles va paraître de plus en plus tentant pour renouveler le capitalisme en crise. Or il entraînera inéluctablement un chômage de masse, où même les enseignants pourront être mis au placard par des robots-profs.
Il conviendrait aussi de s’interroger sérieusement sur la pertinence de l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la résolution à la fois des conflits en cours (voir son utilisation actuelle dans le bombardement de Gaza) et dans celle du nouveau cycle économique en construction.
En tout cas, le paradoxe est tout de même grossier et ahurissant : l’Europe construite pour la paix n’est plus gouvernée que par la guerre.
L’Union européenne, qui a martelé sa vie durant avec des Atlantistes comme Jacques Delors, un « agent double » comme Michel Barnier ( https://metainfos.com/2024/10/02/barnier-lagent-double/ ) qu’elle était l’unique garante de la paix sur le continent, assume désormais pleinement de mettre son fonctionnement au service de la guerre ! Dans le célèbre roman 1984, Georges Orwell anticipait l’inversion totale du sens des mots par un pouvoir totalitaire arborant la devise « la guerre, c’est la paix », la devise complète étant « La guerre, c’est la paix ; l’ignorance, c’est la force ; la liberté c’est l’esclavage ». Si l’auto-proclamée incarnation de la paix en Europe se fixe pour principal objectif le financement de la guerre, à travers la relance d’une industrie de défense, doit-on alors vraiment comprendre que « la paix européenne, c’est la guerre san fin » ?
Aussi fixons-nous et ce pour répondre indirectement à notre collaborateur espagnol Jordi Garriga ( https://metainfos.com/2024/10/02/quand-arrivera-la-troisieme-guerre-mondiale/ ) – mais comme nous aimerions nous tromper ! – la date de 2025 comme date du grand déclenchement mondial de la guerre ?
Parce que l’année 2024, sauf accident de type militaire lors de manœuvres d’intimidation de l’Otan à l’Est ou en Mer de Chine restera marquée par l’attentisme propre aux années d’élections américaines. Par conséquent une explosion des diverses tensions devrait rester relativement contenue jusqu’à la fin de l’année même après l’incursion-invasion désormais admise du Sud-Liban par l’armée de Tsahal voire même l’attaque en règle de l’Iran.
Nous anticipons à présent que ces tensions, qui fissurent déjà l’édifice européen, le plongeront par contre dans un état de guerre « totale » dès le début de l’année 2025.
Une guerre « totale » dans le sens où elle ne concernera pas seulement l’engagement stratégique en Ukraine, confrontation militaire bien partie pour durer mais s’alignera sur cette obsession folle de faire couler la Russie voire plus tard la Chine. Concernant l’Ukraine qui connaît pour l’instant sur le terrain un embourbement, les combats devraient reprendre avec plus d’intensité d’ici la fin de l’année avec l’usage des missiles à longue portée, des Rafales et des F16. Les Ukrainiens se trouveront de toute façon – sa jeunesse l’est déjà ! – tout simplement sacrifiés sur l’autel de l’endiguement de la Russie, tant les Occidentaux dans le marasme socio-économique dans lesquels ils se trouvent ont intérêt à ce que la guerre se prolonge. Les seules tentatives de résolution diplomatique du conflit ne pourraient alors venir que du Global South, des Brics mais dans le contexte actuel du génocide à Gaza et de représailles contre l’Iran celles-ci devraient rester, d’ici à 2025, à notre avis infructueuses.
En matière d’économie, l’UE se sont attachés à mettre sur pied depuis quelques mois un plan inédit de relance de leur industrie de défense sur le long terme. Ce plan révèle à la fois une prise de conscience des lacunes de l’Europe « puissance » mais aussi la volonté inavouée d’utiliser la guerre pour relancer l’industrie et l’économie européenne à travers le secteur de la défense.
Reste alors la question – ô combien cruciale ! – décisive aurait dit Spengler de la résistance sociale.

Car sur le plan social, il sera délicat de retenir l’explosion de la contestation et de la révolte : le Security Deal en lieu et place du Green Deal, ne devrait pas empêcher en théorie les confrontations ouvertes des laissés pour compte d’une croissance promise et toujours reportée aux calendes grecques. C’est pour cela que nous pensons aussi qu’en 2025, l’Europe fragmentée pourrait imploser sous la pression de la guerre.
Ainsi si notre espoir européen se révèle de jour en jour de plus en plus sombre, nous appelons nos lecteurs et nos amis, nos compagnons de route et nos camarades, à beaucoup plus de lucidité et d’unité et surtout à garder le sang froid en ne le fondant que sur une seule chose : la rationalité de l’analyse, expurgeant du combat à venir toute émotivité.
La guerre aura inévitablement de longs jours traînant derrière elle son panache nauséeux de drames et de souffrances familiales. Il faut savoir que c’est toujours la résilience économique qui désignera le vainqueur de ce bras de fer. Sur ce plan par exemple et quoiqu’on nous dise, la situation de la Russie est bien meilleure que celle d’une UE qui s’enfonce dans les difficultés, la Banque mondiale ayant d’ailleurs déjà placé dans son classement la Russie devant l’Allemagne !

Un espoir demeure avec la désoccidentalisation en cours du Sud Global. De plus en plus clairement et de plus en plus fermement, les pays du Sud global rejettent les valeurs et l’hégémonie occidentale qui s’autoproclame bienveillante et paternaliste, mais qui est, en fait, dominatrice, prédatrice, tyrannique, condescendante, voire méprisante envers les peuples et les populations du Sud. Les BRICS élargis avec le problème de la Turquie comme éventuel cheval de Troie otanien (http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2024/09/25/les-ambitions-turques-de-rejoindre-le-groupe-brics-rupture-avec-l-occident.html) apparaissent alors comme notre seule note d’espoir car nous estimons que l’attitude de l’occident otanien dans le déclenchement de la guerre totale en 2025 finira par le discréditer totalement et le mettre à plat ( voir la récente position de l’Indonésie contre Israël).
Mais tout cela à quel prix ? Quel prix l’humanité paiera-t-elle cette fois-ci avec une troisième guerre mondiale après celle de 14-18, l’horreur des camps (goulag et shoah), la Seconde ?

Hors-sol, le gouvernement français en sursis se demande encore comment faire des économies sans mécontenter personne. La réponse est impossible. On ne sort pas de la monétisation de la dette sauf par l’hyperinflation ou la guerre.
Vous ne voulez pas l’hyperinflation : vous aurez donc la guerre.

UKRAINE

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