par Claude TIMMERMAN
Maintenant va-t-on aussi « ressentir » à notre place ?
Il n’a échappé à personne que cette semaine s’est ouverte médiatiquement sous le signe de la « température ressentie » avec l’arrivée de températures « de saison »…

Tous les médias aux ordres s’en gargarisent au moment où enfin un temps estival pourrait s’installer un peu durablement comme le temos hiverbal autour de 0°C avec neige et verglas. (Ce qui historiquement n’a rien à voir avec les grands hivers, courants jusqu’au milieu des années 50, qui ont totalement disparu de France depuis la fin des années 80. )
Cela fait partie des supposés constats du fameux « réchauffement climatique » et de son cortège de conséquences qui ont valu un prix Nobel à monsieur Al gore pour un film qui mettaient en scène des éléments apocalyptiques, notamment en matière de montée des océans qui ne se sont jamais vérifiés car Le modèle invoqué s’est avéré totalement faux : le graphique en « crosse de hockey » des reconstitutions et extrapolations dites MBH98 et MBH99 de la variation de la température moyenne du globe depuis 1 000 ans proposée en avril 1998 puis en 1999 par Michael E. Mann ne s’est traduit par aucune réalité. Pas plus que la mise en évidence d’un lien direct entre l’augmentation de la teneur atmosphérique en gaz carbonique et l’accroissement global de de la température moyenne du globe.

Il a pourtant permis de faire engranger des milliards d’euro ou de dollars à Al Gore et à des officines paraétatiques, plus ou moins occultes, mandatés pour effectuer des tractations financières internationales sur des « droits carbone »…(Autrement dit, les pays les moins avancés ont « vendu » tout ou partie de leurs quotas de droits à la pollution carbonée aux pays industriels…). La pièce maîtresse de la théorie d’un « réchauffement associé à un accroissement d’origine humaine de la teneur atmosphérique carbonée », le fameux « réchauffement anthropique » s’est donc effondrée.

Mais l’ »ensia« , à defaut d’y croire vraiment, la véhicule toujours. [Pour ceux qui n’auraient pas suivi : ensia est la version elliptique d’intelligentsia d’où intelligence, où par la force des choses a été bannie]
Malheureusement un certain nombre de groupes idéologiques, notamment religieux, anticipant une potentielle mise en cause de l’Homme placé par Dieu au sommet de la Création se sont d’emblée lancés dans un négationnisme systématique du réchauffement climatique avec des arguments d’une rare mauvaise foi. L’analyse des fluctuations climatiques s’est ainsi muée en une guerre picrocholine entre « réchauffistes et « anti-réchauffissistes » qualifiés de « climato-sceptiques » qui s’affrontent de la façon la moins rationnelle et la moins scientifique, mais la plus affligeante. L’affaire de l’actuel réchauffement, temporaire (sans qu’on puisse avoir idée de son amplitude et de sa durée) n’a rien en soi d’exceptionnel, et absolument rien n’indique que l’homme y soit pour quelque chose pas plus qu’il ne le fut pour les phases de réchauffement, repérées géologiquement, précédentes :

Même si la thermométrie n’a pas trois siècles et si les mesures de températures ne sont généralisées que depuis, au plus, 150 ans : on constate par les descriptions historiques en occident et diverses preuves indirectes (vêtements, habitations, agriculture, flore et faune, etc.) que l’époque gréco-romaine (- 400 ; + 200) ou la fin du Haut Moyen Age (900 ; 1300) sont des périodes globalement plus chaudes que ce que nous avons vécues au bas Moyen Age ou dans la période dite « moderne » (XVeme ; XIXeme). C’est l’appellation totalement ridicule géologiquement de « petit âge glaciaire » de cette dernière période qui fait prendre conscience de l’ignorance totale des faits dont lesdits climato-sceptiques sont capables pour faire preuve avec une assurance tranquille de journaliste.

Un « âge glaciaire », le monde en a connu des dizaines, repérées dans la stratigraphie. Cela se caractérise par des modifications géologiques durables dans le temps parvenues jusqu’à nous (sinon on ne pourrait ni le détecter ni l’analyser ) :
– une érosion de type spécifique, des dépôts détritiques caractéristiques,
– des modifications géomorphologiques comme le développement d’inlandsis et la formation de lacs résiduels, – la chute notable du niveau des mers,
– la présence d’une faune et d’une flore, continentales, particulières.
Tout au long du dernier interglaciaire (nous sommes aujourd’hui en fin du post Wurmien), la calotte glaciaire a beaucoup régressé, notamment il y a un peu plus de 7000 ans. La plupart des chercheurs admettent que les glaciers des Alpes ou de Scandinavie sont des vestiges de cette dernière glaciation du Wurm, mais certains estiment qu’ils n’ont atteint leur extension maximale qu’il y a quelques siècles. Que les glaciers continentaux régressent globalement aujourd’hui n’a rien en soi d’extraordinaire. La rigueur de l’hiver a toujours été fluctuante, parfois d’une douceur spectaculaire, parfois d’une dureté exceptionnelle.
En hiver, à Versailles au temps de Louis XIV, l’une des grandes distractions de la cour était la promenade en traineaux sur le grand canal. Il fallait donc que la glace soit assez épaisse pour supporter un cheval, le traineau, le cocher et un ou deux passagers. Soit plus de 1 t. en translation sur moins de 8 m2, ce qui implique tout de même une certaine épaisseur pour présenter la résistance requise !

Au XVIIIeme siècle, toutes les maisons de maître avaient des « glacières » : de petites caves où des pièces construites enterrées où l’on stockait l’hiver de la glace, découpée sur les lacs ou prélevée dans les rivières, pour être utilisée en période chaude notamment dans les rafraîchissoirs ou pour confectionner des boissons fraîches et des sorbets.

(Mais je n’ai pas encore eu connaissance de la présence à l’époque de rhinocéros laineux à Versailles ni de lacs de moraine en Sologne. Carence d’information dont je m’excuse par avance !). Oser qualifier cette période de « petit âge glaciaire » n’est simplement pas sérieux !
On peut faire un petit rappel historique sur cette question au moins depuis l’emblématique bataille du Elder. Le général de cavalerie Pichegru, en janvier 1795, allait remporter sur les Bataves une victoire unique en son genre: la capture de la flotte hollandaise prise dans les glaces, faite par un régiment de hussards, à la pointe du Helder!

Chacun pourra lire les récits angoissés des postillons passant, l’hiver, avec leurs diligences la célèbre « trouée de Saverne » ou les descriptions de Zola dans La bête humaine évoquant comment la Lison, la locomotive de Lantier, était bloquée par les congères de neige à Serquigny (station de l’Eure, bifurcation des lignes ferroviaires de Cherbourg et de Rouen). Ces récits ne sont pas de la pure fiction et ne reposent sur rien d’autre que… des faits récurrents dûment constatés alors.

Je peux témoigner avoir traversé enfant la Marne à pied, à Meaux, l’hiver 1956. On m’a dit alors que « je raconterai cela quand je serai vieux ». C’est donc chose faite. La Marne gelait alors très régulièrement (photo ci-dessous), pratiquement tous les ans jusqu’après la guerre, mais plus jamais après 1956. Mon grand-père, meldois dans sa jeunesse, (autour de 1900) y patinait tous les hivers…

Ce n’est pas aujourd’hui parce que ponctuellement il fait (encore) un peu froid certains hivers (pensez donc il gèle et il arrive de voir parfois de la neige en plaine !) que les climato-sceptiques doivent se ruer dessus pour dénoncer « l’imposture du réchauffisme » et soutenir que la tendance s’inverse globalement. C’est dans cette atmosphère délétère qu’est apparue dans l’information grand public le concept de la température « ressentie« . C’est l’art de conditionner les masses à se conformer à un « ressenti » fabriqué !
Premier facteur : l’incidence du vent sur le ressenti du froid

A l’origine, c’est une étude scientifique très sérieuse menée, à la veille de la guerre, en Antarctique puis à la base Little America III, par Paul Siple et son assistant Charles Passe pour analyser et quantifier l’impact du vent sur le ressenti par la peau d’un sujet qui est exposé à une température donnée. Un homme ou un animal forme une couche d’air à la surface de sa peau grâce à son métabolisme interne. L’air est un excellent isolant thermique et cette couche emprisonnée dans les vêtements ou la fourrure garde la peau à une température constante. En temps normal, seule la convection atmosphérique enlève cet air réchauffé. Cependant, exposée au vent, le corps perd cette couche protectrice et amène en permanence de l’air à température ambiante au contact de la peau alors que le corps essaie de remplacer la couche chaude. Ce mécanisme intervient lorsque la température de l’air est inférieure à la température d’équilibre thermique. De plus, lorsque la température est suffisamment élevée, l’eau, notamment la transpiration, s’évapore et crée une zone d’air humide autour de la personne. Le mouvement d’air chasse également cet air humidifié et apporte de l’air plus sec, favorisant ainsi l’évaporation et donc le refroidissement. Les résultats retenus sont obtenus en extrapolant les résultats mesurés à partir de l’extrapolation du modèle étudié : le refroidissement d’un volume d’eau contenue dans un cylindre placé en soufflerie, le temps pour qu’elle gèle dans différentes conditions de température et de vent.
Ce n’est évidemment qu’une modélisation !
On a déjà vu les aberrations qui résultent de ce genre d’extrapolations avec le Covid. On en voit tout de suite les limites, et la plupart du temps, bon sens aidant, le corps comme les membres sont couverts de vêtements appropriés par anticipation. Ce travail a été effectué pour le compte de l’armée américaine afin de préparer les militaires à la résistance aux grands froids en des temps où le pacte germano-soviétique laissait imaginer pouvoir les amener à entreprendre une action militaire, éventuellement hivernale, contre l’URSS. Les deux chercheurs en tirèrent, dès 1940, une relation qui ne sera publiée qu’en 1945 dans le Journal of American Philosophical Society, la parution ayant été retardée à cause des applications militaires potentielles.
La relation de Siple et Passel exprimait la perte de chaleur en watts par mètre carré de peau exposée.
C’est un indice, un nombre R sans dimensions :

Mais afin de rendre ce concept plus accessible au grand public nord-américain intéressé (notamment les motards et les cyclistes canadiens), un nouvel indice, standardisé au Canada et aux Etats-Unis, a été établi sur la base des travaux de Siple. Il s’exprime directement par un facteur correctif de la température en degrés Celsius ou en degrés Fahrenheit (aux États-Unis), indicateur privilégié par la majorité de la population. Cette correction apportée directement à la température relevée classiquement sous abri est maintenant légendée comme étant la « température ressentie ». Hors cette correction n’est qu’un artefact purement issu de la modélisation qui ne reflète en rien un quelconque « ressenti » par un individu donné et elle conduit à une température affichée qui n’a aucune réalité. Le tableau ci-dessous montre que les températures indiquées peuvent fluctuer à la baisse de façon spectaculaire en fonction de la vitesse du vent :

On remarque ainsi qu’avec un vent à 25 Km/h ; ce qui n’a rien d’un ouragan, une température de 2°C à 0°C serait « ressentie » comme étant autour de -5°C. C’est vrai que le milieu ne s’y laisse pas piéger : les mares sont imperméables aux beautés du ressenti et, récalcitrantes, ne gèlent pas à ce faux – 5°C ! Et dès que le vent dépasse 30 Km/h la température va plus que doubler négativement ! Angoisse assurée ! Mais la manipulation ne s’arrête pas là : après la question du « ressenti au froid », voici maintenant la modélisation du resssenti au chaud et à l’humidité : l’indice Humex.
Second facteur : l’incidence de l’humidité de l’air sur le ressenti de la chaleur
En 1978, George Winterling, un météorologiste de Floride, développe une formule pour essayer de quantifier l’effet de l’humidité sur la température perçue par le corps humain Il nomme cet indice « humiture » :

Les températures y sont notées en degrés Celsius,.Le point de rosée ou température de rosée est la température sous laquelle de la rosée se dépose naturellement. Plus techniquement, en dessous de cette température qui dépend de la pression et de l’humidité ambiantes, la vapeur d’eau contenue dans l’air se condense sur les surfaces, par effet de saturation :


A moins de 30, aucun inconfort ;
30 à 39, un certain inconfort ;
Au-dessus de 40, beaucoup d’inconfort ;
Au-dessus de 45, il y a danger : un coup de chaleur est probable ;
Au-dessus de 54, un coup de chaleur est imminent.
On notera au passage que la notion d’ »inconfort » invoquée est purement subjective ! L’indice de chaleur est basé sur la capacité du corps humain à refroidir la peau par la production de sueur. Celle-ci s’évapore dans l’air ce qui nécessite de l’énergie qui est prise au milieu et baisse la température de la couche limite touchant à la peau, donnant une sensation de fraîcheur. Quand l’humidité relative de l’air augmente, l’évaporation se fait moins bien et donne une sensation subjective de chaleur accrue, notamment en cas de manque de ventilation par le vent. La formule fut développée en degrés Fahrenheit et il faut donc faire la conversion vers cette unité si les données sont en Celsius. L’Heat Index du NWS2,4, comme le refroidissement éolien, utilise comme hypothèse la masse et le volume, les vêtements portés, l’activité physique, la densité du sang, l’ensoleillement et l’exposition aux ultraviolets, ainsi que le vent, pour une personne moyenne dans des conditions normales. Sa formule est calculée à partir des degrés Fahrenheit (°F) selon la formule suivante :

Cet indice n’est calculé que si la pression partielle de vapeur d’eau contenue dans l’air est égale ou dépasse 16 hPa car il est estimé que l’évaporation de la sueur est affectée de façon négligeable pour une humidité de l’air plus basse. À pression atmosphérique normale (autour de 1 013 hPa), ceci correspond à un point de rosée de 14 °C et un rapport de mélange de 0,01 (10 grammes de vapeur d’eau par kilogramme d’air sec)2. La formule n’est également valable que pour des valeurs égale ou dépassant une température de l’air de 27 °C, un point de rosée de 12 °C et une humidité relative de 40 %. L’humidité relative de l’air, dir degré hygrométrique, couramment notée φ, correspond à la mesure du rapport entre le contenu en vapeur d’eau de l’air et sa capacité maximale à en contenir dans des conditions données. L’indice de chaleur HI conduit ainsi au tableau suivant :


C’est ce qu’explicite la modélisation et qui conduit à une normalisation des causes et à une standardisation des effets. (On notera pour avoir un ordre d’idée, dans la zone de confort (soit environ 20 °C et 50 % d’humidité), qu’une augmentation de 1 °C va provoquer une baisse de 2 à 3 % du taux d’humidité relative et inversement).
L’heure est donc, dans l’actualité, au ressenti obligatoire, justifiant des chiffres apocalyptiques. Sans surprise, le Broadcasting for Fake news Management TéléVision figure parmi les médias les plus en pointe dans cette nouvelle manipulation, ce nouveau moyen de terroriser l’opinion. Chacun pourra avoir à l’esprit la nouvelle d’Ernest Hemingway décrivant l’angoisse d’un enfant fiévreux alité qui a entendu le médecin dire à sa mère de le surveiller car sa température dépasse 100 °. Et le petit garçon sait qu’à 100° cela brûle, l’eau bout : il va donc mourir. Sa maman à la fin de la nouvelle aura bien du mal à lui expliquer que son médecin parlait de degré Fahrenheit et non pas de degré Celsius et qu’en échelle Farenheit l’eau bout à 212° !
On popularise maintenant des indices le plus souvent peu ou mal explicités qui concourent le plus souvent à plonger la population dans l’incertitude et dans l’angoisse. Pourquoi ?
Une seule réponse est plausible : créer partout l’incertitude dans le seul but de créer un climat d’angoisse voire du terreur propre à maintenir les peuples dans l’assujettissement de leurs dirigeants. C’est l’application toujours d’actualité du rapport de la Montagne de Fer dont on peut lire une recension ici :
https://www.politique-actu.com/dossier/le-rapport-montagne-claude-timmerman/306958

A l’époque, ce rapport révélé il y a cinquante ans et connu sous le nom « rapport sur la désirabilité des guerres » fit scandale. Aujourd’hui où l’OTAN – derrière Macron et van der Leyen – trépigne pour lancer l’Europe dans la guerre au nom de l’idéologie atlantiste, les fluctuations climatiques et leur exploitation procèdent de manœuvres idéologiques préparatoires.

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Bernard Plouvier
Réellement excellent et tout est dit
Si des historiens ont parlé de « petit âge glaciaire », c’était initialement pour faire référence au fait qu’à Versailles (alors inchauffable avec des cheminées fonctionnant au bois), l’eau gelait dans les verres à la fin du règne de Louis XIV… c’était un mauvais jeu de mots, qu’une foule d’abrutis a transformé en une référence aux glaciations pré-historiques.