RÉVOLUTION FRANÇAISE ET BOLCHEVIQUE 1/2

Par Bernard PLOUVIER

En complément de l’article de Claude Timmerman publié hier sur Louis XVI et Nicolas II (https://metainfos.com/2024/07/20/massacres-sovietiques-et-repentances-poutiniennes/), nous proposons sur le même thème le texte suivant de Bernard Plouvier en deux parties; NdR].

Il est évident que – sauf pour la phase terroriste, de l’été 92 à la fin de juillet 1794 -, on ne peut comparer la Révolution française à la bolchevique.

PRISE DES TUILERIES 10 AOÛT 1792

La trop vantée Révolution française fut surtout un énorme transfert de propriétés et ne changea pas grand-chose aux structures sociales réelles du pays, ne faisant qu’incorporer à la noblesse ancestrale (militaire et terrienne) et à la noblesse plus récente (administrative) des nouveaux venus, militaires glorieux, administrateurs remarqués ou riches entrepreneurs et financiers.

Lors de la Révolution bolchevique, des adorateurs du dogme marxiste – une création juive, initialement servie en majorité par des Juifs, passés du très juif menchevisme au bolchevisme léniniste – imposent leur furie destructrice, puis installent la dictature la plus sanglante, la plus totalitaire et – finalement – la moins efficace aux plans économique et social de l’histoire humaine. « Staline », l’homme qui détesta « Trotski » dès leur première rencontre, se chargea, durant les années 1936-53, de déjudaïser l’URSS, comme d’autres le firent de la Pologne, de la Roumanie, de la Hongrie communistes.

Depuis le règne de Louis XV, la France était l’un des pays les mieux administrés de la planète et, par son action personnelle, Louis XVI modifia les pratiques les plus inhumaines de la « Justice ». Ce sont des faits indéniables. De 1799 à 1804, le génie de Napoléon Buonaparte (https://metainfos.com/2024/07/14/le-napoleon-dabel-gance/) fut, lors de la phase de clôture des stupidités révolutionnaires, de reprendre tous les projets de réforme des cinquante dernières années, de les rationaliser et les faire mettre en forme par d’excellents juristes, de façon à créer le cadre institutionnel de la France, de la Belgique, des Pays-Bas, de la Suisse et de l’Italie modernes, jusqu’à sa destruction par la chienlit gauchiste des années 1960-1981– en France, elle fut indéniablement « judéo-gauchiste ». 

Louis XVI en costume de sacre avec les regalia et la croix de l’ordre du Saint-Esprit par Antoine-François Callet (1781).

Si Louis XV savait s’entourer de spécialistes excellents, tout en menant une vie de patachon, son petit-fils était un colossal mollasson, encombré d’une femme arrogante, dépensière et stupide. Louis XVI était un érudit possédant toutes les qualités humaines d’un bon époux et d’un bon père de famille, mais ce grand timide, bourré de scrupules d’ordre religieux, était strictement incapable de diriger une Nation où depuis un demi-siècle, on brassait des idées d’égalité entre gens instruits et capables – ce qui excluait la « vile populace », qui prit sa revanche en 1792-94, étant menée par des gauchistes démagogues et des agents de l’étranger qui avaient pour ordre d’aggraver la folie furieuse régnant en France.

Or ces idées étaient toutes d’origine anglaises et protestantes, nées dans les esprits d’un riche fils de famille et philosophe misogyne, stupide au point de croire que « l’homme est naturellement bon » : John Locke (1632-1704) et d’un richissime planteur esclavagiste de Virginie : Thomas Jefferson (1743-1826). Rien n’est français ni dans les thèses révolutionnaires des années 1774-1787, ni dans les trop célèbres Droits de l’Homme, découlant de sa seule naissance !

Le Bill of Rights londonien du 13 février (version du calendrier julien) 1688 (23 février, dans le calendrier grégorien, car les Britanniques n’ont intégré cette « fantaisie papiste » qu’en 1752), remanié et complété par la Loi du 16 décembre 1689, avait donné aux députés des Communes le droit exclusif de statuer sur l’élaboration et l’exécution des lois, sur la levée des impôts, et ce en parfaite liberté d’expression lors des débats. En revanche, on n’évoquait surtout pas la liberté religieuse : les catholiques resteront brimés jusqu’au milieu du XIXe siècle et les dernières restrictions légales à leurs droits ne seront levées qu’en 1926. Les droits civiques ont été accordés aux Juifs dès 1858. Il paraît logique de signaler l’intelligence de ces gros bourgeois et ces membres de la gentry (la petite noblesse rurale) britanniques : cette Glorious Revolution s’est faite sans effusion de sang.

La véritable épidémie de Révolutions bourgeoises, en Occident, est née en 1776, par la déclaration des Droits de l’Homme, inscrite dans la Déclaration d’Indépendance approuvée le 4 juillet 1776 par les élus (illégaux) de la 2e Assemblée (ou Congrès) des 13 colonies anglaises d’Amérique du Nord, réunis à Philadelphie. Cette Déclaration fut, et demeure, le bouleversement le plus complet de l’histoire des idées sociales.

Préparée de longue main par les calvinistes des Pays-Bas au XVIe siècle, elle réactualisait l’enseignement de quelques utopistes de l’Antiquité gréco-romaine et moyen-orientale, puis celui des anglicans britanniques, de 1689 jusqu’aux années 1740, où les Lumières d’Europe continentale (singulièrement en France et en Italie) accentuèrent le phénomène, en le diffusant avec un talent littéraire insurpassé.

Jefferson, le plus dogmatique des Insurgent d’Amérique du Nord, en fit la synthèse : « Nous tenons pour évidentes ces vérités : tous les hommes sont créés égaux et dotés par le Créateur de droits inaliénables – la vie, la liberté et la quête du bonheur ».

Ces idées, que chacun est libre de juger merveilleuses et dignes de respect ou naïves et de ce fait stupides et perverses, selon son orientation psychologique, façonnée par sa génétique et accessoirement par son environnement familial, social et religieux, ont bouleversé l’humanité jusqu’à nos jours, créant une nouvelle religion tout aussi totalitaire, donc intolérante, que les autres : le Culte des Droits de l’Homme… alors que depuis des millénaires, les moins nocifs des prédicateurs de l’Ancien Monde enseignaient aux foules qu’elles avaient surtout des devoirs et que leur seul droit serait de goûter aux joies d’un paradis surnaturel après la fin d’une vie terrestre, à condition que les bonnes actions aient été plus nombreuses que les ignobles.

Des billevesées des Pères Fondateurs des USA, et singulièrement de Thomas Jefferson, il a résulté quantité de mouvements révolutionnaires, en Europe puis en Amérique Latine, certains échouant, d’autres réussissant à changer durablement une partie du personnel dirigeant les États et à redistribuer le patrimoine vers de nouveaux riches.

En France, où la subversion fut la plus réussie, elle accumula tueries et ruines matérielles, ainsi qu’une série ahurissante de guerres, civiles ou étrangères, dans lesquelles la part religieuse fut – et demeure, pour ce qui est de la guérilla intellectuelle – considérable.

Depuis deux siècles et probablement pour longtemps encore, les idées qui servirent de fondement à ces mouvements opposent les hommes d’ordre, voués à la conservation des véritables acquis de l’histoire humaine, et les libéraux, avides de changement, adorant les seuls progrès techniques et matériels.

Il est évident que la folie révolutionnaire des années 1787-1815, en Europe, qui se caractérise par une débauche de tueries et de bacchanales antichrétiennes, avant de s’exporter en d’autres continents et d’abord en Amérique Latine, n’a rien de commun avec la philosophie des Lumières si bellement exprimée, ni même avec les causeries courtoises et savantes des loges maçonniques. Ni Voltaire, ni même Rousseau (lointain disciple très arrogant de Locke) et moins encore Diderot, n’auraient applaudi aux événements révolutionnaires des années 1789-1799… il est même possible que l’un ou l’autre de ces augustes penseurs aurait partagé le destin de leur adversaire, l’avocat (maladroit) du chevalier de La Barre en 1766 et grand contempteur du « parti philosophe », Simon Linguet, qui finit sous « le rasoir national ».

Au nom de nouveaux grands principes et d’un idéal jugé porteur de fabuleuses espérances, certains démagogues ont même osé déchaîner les foules et bientôt les apprentis-sorciers des luttes politiques, religieuses et sociales, ont compris que s’il était facile de « colérer » (le néologisme est d’un expert : Maximilien Robespierre) « le peuple », il est beaucoup moins aisé de le faire rentrer dans sa tanière.

Les apprentis-sorciers des États Généraux (devenus membres de l’Assemblée autoproclamée Constituante) ont appris à la populace qu’elle pouvait faire beaucoup de mal aux êtres riches et cultivés, à défaut de pouvoir construire une économie ou un État. Le monde soviétique, deux siècles plus tard, a amplement démontré qu’on ne fait pas – sauf exception, par définition rarissime – de bons chefs d’entreprise avec des ouvriers.

Les observateurs de la fureur populaire déchaînée, en 1792 ou en 1917 sq., ont pu saisir sur le vif cette profonde vérité : la joie de nuire à autrui est l’un des facteurs essentiels de l’histoire politique et sociale.

Les meneurs véritables et les authentiques profiteurs de la Révolution de 1787-1804 furent tous des notables : en 1787, dans les assemblées convoquées par le roi, ils étaient entre eux et rien qu’entre eux ; il n’y eut guère d’artisan et moins encore d’ouvrier parmi les députés aux États Généraux ; il y en eut moins d’une dizaine à la Convention. Le processus s’est renouvelé en 1917, où la Douma était constituée de notables : les bolcheviks de la bande à « Lénine » ont usurpé le pouvoir après une sévère déculottée électorale !

Pour le malheur de quelques-uns d’entre eux, les notables (ceux de 1787 et ceux de 1917), ont aiguisé l’appétit de puissance d’une meute de petits hommes de loi, de perpétuels étudiants, d’officiers subalternes, d’hommes de lettres et de comédiens faméliques, les uns étant des ratés assoiffés de jouissances et de gloriole, les autres des techniciens de la manipulation des foules, désireux de montrer ce dont ils étaient capables.

Mais les buts des révolutionnaires français et des marxistes de Russie étaient très différents, si leur personnel était assez voisin : des fils de nobliaux et de bourgeois aisés, voire très riches. On parlait beaucoup d’Égalité et de Liberté en France ; en Russie, on s’excitait sur un prolétariat dont les révolutionnaires marxistes ignoraient tout, étant eux-mêmes des fils de nantis, intoxiqués par des écrits fumeux de philosophes de comptoir et d’arrière-salles de bistrots. 

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