par Michel LHOMME
Toute la nuit du samedi 1er juin au 2 juin a été l’objet de tirs à balles réelles, de grenades d’encerclement dans les quartiers de Dumbea, de Koutio, d’Auteuil, la médiathèque de Dumbea ayant fait l’objet d’un départ de feu. Non : le calme n’est donc toujours pas revenu en Nouvelle-Calédonie et ce après la levée de l’État d’urgence décidée pour éviter en réalité tout débat au Parlement. La présence de près de 3000 forces de l’ordre sur le territoire n’y fait rien. Certes, la ville de Nouméa-centre capitale de la Nouvelle-Calédonie, est repassée « en totalité » sous le contrôle mais sur de nombreux points, les barrages se reconstituent même si quelque 400 policiers et gendarmes, parmi les 3.500 déployés dans l’archipel du Pacifique sud, ont détruit 26 barrages à Rivière-Salée, le dernier quartier de la commune de Nouméa encore bloqué, selon le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.
C’est à Rivière-Salée que se trouvait le lycée professionnel Petro Attiti entièrement détruit dont les leaders de la CCAT avaient fait de la tour un centre d’observation : ils en ont été délogés non sans mal et même avec l’aide des voisins du quartier dont plusieurs maisons ont été pillées et même incendiés. Lors de l’opération menée dans ce quartier du nord de la ville, douze personnes ont été interpellées, ce qui porte à 666 (on semble apprécier les chiffres sataniques dans les bilans !) le nombre d’interpellations en Nouvelle-Calédonie en lien avec les émeutes, selon le Haut-commissariat.

La situation sur le territoire océanien, en proie depuis le 13 mai à sa plus grave crise depuis les années 1980, « s’améliore sensiblement« , a assuré le représentant de l’Etat dans un communiqué. On remarquera l’adverbe du Haut-commissaire dont on connaît trop bien les exploits depuis ces vingt jours de désordre car cela fait maintenant vingt-jours qu’un Etat comme la France se trouve incapable de rétablir l’ordre sur une portion somme toute restreinte de son territoire. Cela – nous pouvons vous l’assurer – ne fait pas du tout rire dans certains services sachant que l’hexagone, à plus ou moins longue échéance, n’est pas à l’abri d’un pareil soulèvement. Les forces de l’ordre, même le GIGN sont épuisées. La situation est si grave que Darmanin a décidé de mobiliser les premiers blindés Centaure de la gendarmerie « qui arrivent dans quelques heures en Nouvelle-Calédonie pour aider nos forces de l’ordre à mettre fin à tous les barrages et rétablir complètement l’ordre républicain dans l’archipel », a indiqué Gérald Darmanin vendredi après-midi (à Paris) sur X. Six de ces blindés nouvelle génération doivent être acheminés d’ici huit jours, a précisé ensuite à l’AFP le ministère de l’Intérieur.

Près de 1.950 touristes français et étrangers ont pu être raccompagnés vers leur pays de résidence, et 721 résidents calédoniens ont pu rentrer sur le territoire, a-t-il précisé. Ces touristes ne sont pas près de revenir et déjà les agences de voyage retirent la destination de leur catalogue.

Les émeutes, déclenchées par le vote à Paris d’une réforme du corps électoral accusée par les indépendantistes de marginaliser la population autochtone kanak, ont conduit à la mort de sept personnes – officiellement – dont deux gendarmes. Un émeutier d’Auteuil serait en pronostic vital. Le couvre-feu reste en vigueur sur l’ensemble du territoire, des barrages restent présents en périphérie, la vie économique totalement paralysée tandis que les militants indépendantistes restent déterminés à poursuivre leurs actions de terrain toujours prêts à revenir dès que les forces de l’ordre ont fini de déblayer. Les approvisionnements n’ont repris que de manière sporadique. Des produits alimentaires et pharmaceutiques ont été acheminés vers la province Nord par des navires militaires. Coupée de la capitale en raison d’une route impraticable pour les poids lourds depuis le début de la crise, cette partie du Caillou est confrontée comme le Grand Nouméa aux pénuries. Les mines de Nickel sont en sommeil. Plus de 500 entreprises sont détruites et ces sociétés n’ont pas pu faire autrement que de licencier d’ores et déjà une partie de leurs salariés. Plus de 5.000 personnes seraient potentiellement concernées. L’aéroport international de La Tontouta, reste fermé aux vols commerciaux alors que de nombreux « mis à disposition » ne pensent qu’à partir au plus vite !

Les conditions de vie actuelles sont donc éprouvantes et pour certains terrifiantes : des barricades jour et nuit, des rondes de vigilance nocturnes, des files d’attente interminables pour les courses, et le risque constant d’intimidation, d’insultes racistes voire de vol et d’agression. On voit des policiers qui se déplacent sans relâche, sans vitre, la carrosserie impactée de balles. Certains témoignages paraissent effroyables : une jeune infirmière dit avoir recousu un jeune émeutier au Médipole, le Centre hospitalier local sous ses crachats ; une policière raconte les humiliations qu’elle subit quotidiennement au barrage de St Louis. Les car-jackings, pillages, incendies d’entreprises et d’habitations particulières, et insultes « sales blancs », « à bas les blancs », y compris de la part de jeunes enfants, sont monnaie courante, surtout dans les quartiers nord de la ville, devenus zones de non-droit, où les habitants sont comme terrés chez eux. En contraste, les quartiers sud, les plus riches, quartiers de la nomenklatura locale – les représentants loyalistes sont tous membres de Renaissance – restent relativement protégés et offrent une certaine normalité.
Ce que les Calédoniens ont compris c’est qu’ils ont été pendant tout ce temps livrés à eux-mêmes. Les reportages télévisés actuels ne reflètent pas entièrement la réalité de la situation. Ils se focalisent d’ailleurs sur les émeutiers et les indépendantistes, tout en occultant les véritables enjeux et dangers vécus au quotidien. De notre côté, nous avons été surpris de voir comment travaille un grand reporter comme Alban Mikoczy : ça reste au bar en short dans son hôtel cinq étoiles. On est loin de se mouiller, d’Albert Londres ou de Joseph Kessel !

Des files interminables sont visibles devant les rares grandes surfaces qui n’ont pas été pillées et incendiées mais nous le répétons : les nuits sont toujours troublées d’explosions en tous genres et ce fut le cas de cette nuit. Des bandes armées de jeunes continuent donc de semer la terreur depuis quelques jours en volant des voitures (y compris par carjacking), en intimidant les rares habitants qui sortent faire leurs courses ou en continuant d’ériger des barrages et commettre des exactions.

Pendant ce temps la gauche française défile pour la Palestine et la Kanaky confondus non sans casser non plus sur la place Gambetta du vingtième arrondissement de Paris quelques magasins : vitrines d’un restaurant McDonald’s brisées, porte d’une agence bancaire forcée.

Les forces de l’ordre sont intervenues en tirant des grenades lacrymogènes.

En savoir plus sur METAINFOS.COM
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Il faut quand même bien admettre que les « caldoches » et les calédoniens de métropole n’ont absolument pas l’échine des rodhesiens . Incapables de tenir tête à une bande de gauchistes racistes et de mettre en œuvre une partition sur le territoire de la province sud ( 7500 km2 ) , kanaky au nord et république de Calédonie au sud .