par Michel LHOMME
L’information officieuse relayée par Marine Le Pen a fuité par le président ukrainien Zelenski lui-même et confirme nos informations précédentes : la France s’apprête à envoyer des instructeurs en nombre sur le champ de bataille ukrainien c’est-à-dire à proprement parler des bataillons professionnels de soldats. Que les Etats-Unis s’en offusquent n’est qu’une position de façade : Biden qui vient d’annoncer une visite d’état pour le 7 juin en France sait qu’il dispose à Paris de son principal valet. Il faudra s’attendre donc à des retours de cercueils d’Ukraine car le conflit ukrainien n’est pas un conflit de type Opex, mais une guerre classique de position et de tranchées nécessairement lourde en pertes humaines. C’est ainsi toute la jeunesse ukrainienne, celle qui n’a pas déserté et fuit le pays, qui a depuis deux ans été sacrifié dans ce qu’on peut appeler une véritable boucherie otanienne.

Un reportage récent au journal de 20 heures de France 2 a montré des volontaires français sur place en soutien et en héros pour la défense de l’Ukraine : ce sont la plupart du temps des mercenaires ou des militants politiques. Le journal a oublié de dire, ce qu’elle n’aurait pourtant pas manqué de faire dans d’autres circonstances à savoir qu’ils sont pronazis, admirateurs des bataillons ukrainiens Azov.

Les volontaires des pays occidentaux qui viennent se battre en Ukraine pour les intérêts de Kiev le font soit pour l’argent soit pour des convictions politiques anti-russes. Blessés de plus en plus, ils constatent pourtant sur le terrain un grand décalage entre leurs attentes et la réalité. C’est pour nous l’occasion de parler de la privatisation de la guerre et par exemple des mercenaires de Tsahal à Gaza et à ce titre, nous vous proposons la lecture d’un article bien informé :
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Les mercenaires de Tsahal
par Michelle FAVARD-JIRARD.

Que l’armée israélienne compte un grand nombre de mercenaires est une évidence. Laquelle n’est apparemment pas nouvelle, simplement bien jugulée. D’ailleurs, chercher sur ce sujet des références en français est une perte de temps. Mieux vaut se fier directement à des sites de langue étrangère, sur la Toile, après en avoir vérifié la fiabilité et la pertinence. C’est ainsi que l’on apprend par le media Euro-Mediterranean Human Rights Monitor basé à Genève, qu’en 2014, l’armée israélienne comptait déjà 6 000 mercenaires, dont 2 000 d’entre eux, étaient américains. En date du 25 décembre 2023, un article en anglais du site turc AA, signale « l’emploi par Israël de milliers de mercenaires étrangers dans ses attaques sur la Bande de Gaza ». Ce à quoi, précise le journaliste, « Israël est accoutumé depuis 1948 mais son gouvernement aurait, cette fois, gardé le silence sur ce fait ». Le 22 février dernier, c’était au tour du Washington Post de confirmer « la présence de 23 000 Américains dans les rangs de Tsahal », ajoutant que « leurs pertes représentaient au moins 10 % des décès enregistrés, depuis octobre 2023 ».

Précisons à ce sujet qu’un porte-parole de la branche armée du Hamas, Abu Abeida, aurait déclaré, le 7 décembre 2023, que « le nombre de soldats israéliens tués par les forces de la résistance était bien plus élevé que ce qu’avançait l’armée israélienne ». Ainsi, l’emploi de mercenaires contribue-t-il à diminuer les statistiques de décès israéliens, tout en permettant aux soldats de réserve de reprendre leur vie civile et de soutenir l’économie. Les dépenses occasionnées généreusement couvertes par l’aide américaine et les dons de la diaspora juive !

Au fil des mois, sera confirmée par différents media, « l’incorporation de plus de 4 000 Français ainsi que d’un millier de ressortissants australiens, un autre millier d’Italiens et de 400 Indiens, auxquels se sera joint un nombre non précisé d’Allemands, d’Anglais, de Canadiens, de Russes, d’Ukrainiens, de Finlandais et de Sud-Africains ». Le site américain Strategic-Culture déclarait, quant à lui, que : « Depuis le 7 octobre 2023, 10 000 Américains [avaient] reçu des avis de convocation. Ceux d’entre eux possédant une double nationalité encourant le risque d’être plus tard rendus responsables de crimes de guerre, eu égard à l’Acte de neutralité américain, interdisant à tout Américain de prendre part à un conflit étranger ou à établir une milice pour ce faire. » En attendant, était-il précisé, « pas un seul gouvernement occidental n’avait réagi, à ce jour, ni sévi contre ses ressortissants impliqués aux côtés d’Israël, dans le génocide actuel. Ce qui concerne pas moins de cinq pays européens : Italie, France, Belgique, Pays-Bas et Royaume-Uni ». Aux dires du ministre des Affaires étrangères italien, Antonio Tajani, lorsqu’éclata le conflit, 18 000 italiens vivaient et travaillaient en Israël, parmi lesquels, un millier employé par l’armée israélienne.
ENDOCTRINEMENT IDÉOLOGIQUE

L’on apprend aussi qu’en plus des volontaires chargés d’assister les combattants dans l’approvisionnement de produits médicaux et de repas, Israël en recruterait des milliers d’autres, dont l’âge minimum est de 16 ans et dont la particularité consiste à les soumettre à un endoctrinement idéologique, « dans le but d’établir un lien entre eux, Israël et son armée ». Existe un autre programme du nom de Mahal, fondé il y a plusieurs décennies, destiné à renforcer l’Haganah — l’organisation paramilitaire sioniste de triste mémoire — et à être au service de Tsahal. A signaler de même, « the lone soldiers programme » s’adressant à des combattants isolés [comme l’indique le mot “lone” : seul] très motivés (sic), n’ayant pas de famille en Israël. Ils seraient plus de 7 000, percevant le double d’un salaire mensuel régulier ; 35 % d’entre eux sont en provenance des Etats-Unis et 9 % du Canada.

Revenant sur ce point, une interview lue dans « Yahoo Actualités », rapporte les confidences d’un Espagnol, au journal El Mundo. Sans crainte de donner son nom, le soldat de fortune se dit être employé par une « société militaire privée qui appuie les troupes israéliennes » et déclare percevoir « 3900 euros par semaine » ! Ses missions consistant à « sécuriser les convois d’armes ou les déplacements des troupes dans la bande de Gaza et assurer la sécurité des points de passage et des frontières de Gaza et de Jordanie ». « Mais nous ne combattons pas directement le Hamas, s’empressait-il de préciser au quotidien espagnol. Je suis venu pour l’argent, ils paient très bien. Ils offrent un bon équipement et le travail est plutôt tranquille. »
« A ses côtés, commente Yahoo, des Français, des Allemands, des Albanais et des Américains, membres des Marines ou des forces spéciales qui ont effectué des missions en Afghanistan, au Mali ou au Kossovo… Chargés de garder les terminaux frontaliers entre Eliât et Aqaba (…) Ce recours à des sociétés militaires privées se justifie, renchérit-il, du fait qu’un soldat israélien dans ces zones, est un otage potentiel. ». Il est fait mention par Strategic Culture de « deux autres types » de mercenaires. L’un concerne « des organisations directement liées à des groupes juifs et chrétiens “de droite”, en Europe, menant campagne afin d’inciter de jeunes Européens à rejoindre l’armée israélienne, de même qu’apporter leur soutien à des opérations illégales (sic) de colons contre les Palestiniens, en Cisjordanie ».

Le deuxième, cité par le site Sott.net, expose « l’étonnant accord passé entre l’Etat sioniste et des Kurdes du PKK » à qui est offert un salaire de 9 000 shekels (2 200 dollars) en plus de 25 000 dollars accordés en cas de blessure grave ou de décès. L’intention première étant de les employer dans les tunnels abandonnés par le Hamas, évitant ainsi d’y faire descendre ses propres troupes… Leur recrutement se poursuit au travers d’organisations telles que Kurdish-Israeli Friendship Union, fondée par Mordehay Zaken, le Kurdish Institute et Israeli Jewish Kurds organisation. Des négociations sont actuellement en cours avec les Peshmergas afin d’obtenir l’envoi de Kurdes d’Irak du nord, auxquels le régime sioniste rappelle qu’il leur a apporté son aide depuis 1958. Ne reculant devant aucune opportunité, « Tsahal aurait même aérotransporté d’Irak et de Syrie des mercenaires spécialisés en guérilla urbaine, à qui ils auraient octroyé la citoyenneté israélienne ». Sans aucun doute, contre de bons et loyaux services dont l’armée d’occupation « la plus morale du monde » (dixit le député des français de l’étranger Meyer Habib, traité de « porc » récemment par un député de la France Insoumise dans les couloirs de l’Assemblée nationale) a le secret.

Afin d’en donner un énième exemple probant et clore ce chapitre, nous encouragerons nos lecteurs à consulter le communiqué de l’AFPS (Association France Palestine Solidarité), en date du 24 mai 2024, concernant l’attaque meurtrière des forces d’occupation israéliennes, « pendant 40 heures, les 21 et 22 mai dans le camp de réfugiés de Jénine, faisant à nouveau 12 morts dont un jeune de 15 ans, un professeur, un chirurgien et de nombreux blessés ainsi que des dizaines d’arrestations ».
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Source : RIvarol, N°3616 du 29/5/2024.
Toutes les illustrations sont du dessinateur de la rédaction : J-F DE BUS.
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