Par Michel LHOMME (rédacteur en chef de Métainfos).
Rentrant d’un barrage citoyen de voisins vigilants, nous pouvons certifier ce matin 5h30, heure de Nouvelle-Calédonie que pour la première fois, la nuit a été calme autour de la mairie de Dumbéa mais que la situation n’est néanmoins pas du tout retournée à la normale, loin s’en faut. Comme les jours précédents, aucune force de gendarmerie n’est venue appuyer les citoyens vigilants des quartiers éloignés du centre ville des mairies de Dumbéa, Païta et du Mont-Dore, et qui par conséquent se sentent complètement abandonnés. Or dans nombre des quartiers de la grande agglomération de Nouméa, Kaméré comme au centre Magenta, les dégradations, vandalismes, mises à feu n’ont cessé de continuer dans la nuit comme autour du quartier d’Auteuil avec l’incendie de commerces, d’entrepôts et par exemple des locaux de la société de construction Dumez dont les élévateurs ont été volés. La vallée du Tir, quartier ancien et populaire de Nouméa où il faisait bon vivre dans la mixité est désormais entièrement brûlée, et les insurgés toujours extrêmement violents ne cessent de jouer au chat et à la souris avec les forces de l’ordre, y compris le GIGN qui semblent avoir beaucoup de mal à reprendre totalement le contrôle. Actuellement, le quartier industriel Ducos, zone industrielle et un des poumons économiques de l’île continue d’être visée en cette journée du lundi de Pentecôte ce qui signifie bien que l’objectif est de détruire systématiquement le tissu économique de l’île. A l’heure où je rajoute ces notes (12h50), des effectifs militaires de l’armée de terre – et non de gendarmerie – semblent se diriger vers la zone industrielle.

Tous les établissements scolaires de la province Sud (Nouméa et sa grande banlieue) restent fermés (l’éducation est une compétence du territoire). La désorganisation du caillou comme on l’appelle reste totale et le problème numéro un demeure l’approvisionnement, tous les magasins d’alimentation ayant été incendiés ou pillés. Pour les petits, le lait est périmé.
La situation sanitaire est totalement « dégradée » (mot qu’affectionne depuis les événements des Gilets Jaunes, le COVID et Mayotte la nov’langue administrative française) : pharmacies fermées et en rupture de stock, hôpital sans personnel, centres de dialyse menacés, écoles fermées…
On ne comprend pas trop pourquoi les containers du port n’ont toujours pas été déchargés mais il importe ici de souligner que c’est le gouvernement autonome de Nouvelle-Calédonie qui est responsable de l’approvisionnement. A l’heure où les voies indépendantistes se font entendre partout sur les plateaux télévision de métropole, il faut en effet remettre chacun à leur place devant leurs responsabilités, responsabilités administratives obtenues par les luttes et le dialogue et qui furent si longtemps réclamées. L’Etat français n’est redevable en Nouvelle-Calédonie que des pouvoirs régaliens. A chacun d’être donc confronté maintenant à ses compétences et pouvoirs autonomes et de les appliquer.
Le deuxième problème d’ampleur va être l’absence de cash : les distributeurs de monnaie ayant été pratiquement tous vandalisés.

Nonobstant, les responsabilités du haut-commissariat sont écrasantes sachant par exemple qu’en mars au quotidien Le Monde, Louis Lefranc interrogé sur d’éventuels troubles à venir à propos du projet de loi sur la modification du corps électoral avait répondu : « Je ne vais pas installer un dispositif dont je n’aurais pas à me servir ». Or, tous les rapports sur la situation insurrectionnelle qui se préparait, lui avaient été remis sur le bureau. Travaillait-il ?
Contrairement à ce qu’affirme Benoît Trépied, chercheur du CNRS planqué à Paris, la responsabilité des représentants officiels de la CCAT (Cellule de Coordination des actions de terrain) est entière et le plan insurrectionnel a été préparé tactiquement de longue date en montant en particulier les esprits des jeunes et des cités dans un discours contre les « blancs ». Le terme léniniste de « cellule » utilisé ici n’est pas anodin. Les membres de l’actuel gouvernement de Nouvelle-Calédonie (les Mapou et consorts) en étaient parfaitement au courant et l’ont quelque peu souhaité et entériné.

L’objectif de l’insurrection est clair : faire en sorte que ce qu’on appelle ici les « blancs » et en priorité les récents arrivés (pas les caldoches de souche, complices en réalité pour pouvoir se partager demain la manne du pouvoir) partent pour rétablir un équilibre démographique qui ne rendrait pas les kanaks minoritaires, oubliant certes au passage que malgré les pressions physiques exercées dans les tribus sur les individus pour le vote communautaire, de nombreux autochtones depuis longtemps et ce même s’ils ne l’avoueront jamais ouvertement, votent « non » à l’indépendance. Ils connaissent trop bien concrètement la spoliation financière exercée par leurs chefs, tous milliardaires et alcooliques dont ils sont victimes mensuellement. Les responsables indépendantistes, actuels membres des instances politiques ont tous des comptes bancaires bien fournis, ont investi dans l’immobilier en Nouvelle-Zélande, en Australie et à Paris touchant des deux côtés de la balance : d’une part, les salaires indexés , subventions et enveloppes cachées de la France et d’autre part, les loyers étrangers et l’impôt tribal. Nombre de kanaks installés en France et ayant fait leurs études ne souhaitent plus retourner sur le territoire pour ne pas se faire ponctionner leurs revenus, les filles en particulier qui lors de l’héritage par exemple n’auront rien ou perdront tout. Nous ne jugeons pas les coutumes kanaks, nous disons simplement qu’elles ne sont pas les nôtres et qu’elles ne correspondent pas du tout aux critères démocratiques et humanistes européens. On ne peut se dire universitaire militant à la fois démocrate-libéral et individualiste en France et partisan d’une vision politique autoritaire et collectiviste en outre-mer. N’oublions pas que la dernière lettre du Flnks est « socialiste » au sens proprement révolutionnaire du terme celui de Chavez, de Taubira et de Mélenchon, et ce n’est pas un simple décorum !

Depuis des années nous écrivons et suivons de près l’outre-mer (Mayotte, Guyane, Guadeloupe) qui après Metamag dispose d’un onglet propre sur Métainfos. Nous avons toujours dit que l’outre-mer est un laboratoire qui préfigure en particulier du point de vue du laxisme sécuritaire et de la paupérisation croissante de notre pays l’avenir prochain de la métropole. Nous maintenons plus que jamais nos affirmations et notre appel à nos compatriotes français où qu’ils soient au « Réveillez-vous ! ».

De ce que nous observons in visu ici, nous pouvons constater d’un point de vue personnel et par expérience quelques traits nouveaux dans la conduite de l’Etat, en particulier l’incompétence de plus en plus criante des fonctionnaires. On ne rencontre plus, – et en particulier, dans ces situations de crise – d’esprit politique, décisionnaire au sens machiavélien et noble du terme capable par exemple de penser que quand est en cause la sécurité d’un peuple, l’autorité légitime doit ignorer ce qui est juste ou injuste. C’est d’ailleurs le propre de la philosophie même de l’état d’urgence état d’exception au sens schmittien du terme qui ne peut durer d’ailleurs que douze jours exigeant ensuite la discussion et le vote parlementaire. La peur et un pacifisme outrancier, une idéologie de bisounours prédominent alors que nous savons désormais tous aujourd’hui, dans tous les ministères de la Défense du monde que demain, un nouveau conflit d’ampleur mondial se prépare. Aussi espérons-nous que la Nouvelle-Calédonie devrait nous permettre et ce juste après les émeutes urbaines françaises de 2023 de tirer certaines leçons et d’établir certains retours d’expérience, d’ouvrir les yeux car le scénario des deux soulèvements présente quelques similitudes.
Par ailleurs, une grande ignorance et méconnaissance des dossiers est largement visible. Les conseillers semblent ignorer par exemple les configurations généalogiques des lignées tribales, leurs divisions ancestrales et de longue date, leur esprit interne de revanche qui expliquent le plus souvent les positions apparemment idéologiques de certains. Or des travaux là-dessus ont été publiés depuis longtemps.

Il ne s’agit pas de surévaluer les influences étrangères totalement recensées en Nouvelle-Calédonie mais un avertissement international doit aussi être entendu par la France. Comme serviteur européiste des Etats-Unis, Emmanuel Macron s’apprête à envoyer officiellement des soldats français en Ukraine en future chair à canon de l’OTAN. Tout le Ministère de la défense s’y prépare depuis des semaines et ont déjà été envoyé sur le terrain, en Roumanie et en Pologne, des légionnaires et les forces spéciales. Or, les événements de Nouvelle-Calédonie démontrent la fragilité du système sécuritaire français, ses limites en effectifs (au moment où la sécurité des Jeux Olympiques était prioritaire) et attestent surtout d’une certaine lenteur de la mise en application logistique des décisions même si la distance y est en partie pour quelque chose. Il sera donc facile en cas de conflit de haute intensité sur le territoire européen et dans l’Océan Pacifique de disperser par des soulèvements ultra-marins les forces françaises de sécurité et nous ne parlons même pas ici sur le territoire métropolitain des failles visibles dans la cybersécurité du territoire (les data center en particulier) qui sont relevés depuis longtemps.
Les Outre-mer doivent donc savoir que dans ce cas, elles n’auront à compter que sur elle-même. Personne ne pourra leur porter secours.
Sur la Nouvelle-Calédonie et de l’Outre-mer en général, beaucoup de mes commentateurs privés de métropole s’offusquent de mon intérêt et souhaitent de manière générale s’en débarrasser.
Que leur répondre à chaud ? Nous n’avons pas su gérer à la britannique, depuis longtemps une décolonisation pourtant nécessaire.
Nous pourrions en effet totalement céder ce territoire et la meilleure solution pourrait être de s’en débarrasser en louant une base militaire à un nouvel État totalement décolonisé et entièrement souverain sans même d’état associé comme le Vanuatu (les anciennes Nouvelles-Hébrides), une location de base comme l’ont fait pour exemple les Américains avec leur site si célèbre de Guantanamo à Cuba. Les dirigeants indépendantistes du territoire profiteraient alors des royalties accordées par la location et sans aucune pitié, comme à Cuba, maintiendrait leur peuple dans la misère. Solution réaliste puisque après la crise du nickel, la Nouvelle-Calédonie ne nous apportera rien économiquement qu’un gouffre financier.

Le seul intérêt de la Nouvelle-Calédonie serait de nous permettre d’avoir un porte-avion dans le Pacifique ce qui effectivement de notre point de vue devrait nous éviter d’en construire un, pourtant prévu avec un coût faramineux prévisible non seulement par sa mise en circulation mais pour sa maintenance future. Rester en Nouvelle-Calédonie n’a en effet de sens que stratégiquement mais très peu économiquement sauf à exploiter à fond ce caillou minier du Pacifique, à excaver totalement son sous sol minier c’est-à-dire – et que l’on comprenne bien ce que nous insinuons -, à entreprendre une politique extractiviste de premier ordre et à grande échelle y compris dans les fonds sous-marins de la plateforme côtière très riche en métaux rares et ce en dépit des conséquences écologiques qu’elles engendreraient inéluctablement. Or alors que la Chine commence depuis quelques mois l’exploitation vitale (si nous poursuivons le même modèle économique mondial de l’hyper-technologie) des fonds sous-marins et des océans, la France sera incapable de le faire, bloquée qu’elle est par son idéologie écologique verte des réserves maritimes, de la protection marine misant à défaut sur un tourisme océanien plus que chimérique.

Il faut savoir que si la priorité de Darmanin a été dimanche de débloquer la route de l’aéroport avec 600 gendarmes, c’est que le gouvernement australien et néo-zélandais ont tapé durement sur la table samedi pour exiger du gouvernement français le rapatriement immédiat de ses ressortissants bloqués sur l’archipel et l’ouverture imminente pour ce faire de l’aéroport international. Ce n’est pas du tout pour permettre aux expatriés métropolitains sur place de partir même s’ils seraient déjà un millier à le demander.
Sur cette opération dont semble se vanter le Ministre de l’Intérieur Moussa Gérald Darmanin, la route n’est en réalité toujours pas déblayée. La tribu de Bangou joue au chat et à la souris sur l’axe Noumea/ Tontouta et lorsque les blindés de la gendarmerie dégagent, les Kanaks remettent !… Neuf grenades de désencerclement ont été tirées hier sur la route devant Bangou. Il faut reconnaître néanmoins que sur ce parcours (Col de la Pirogue et Tamoa), la situation est demeurée calme grâce à l’autorité du grand chef Paita ( c’est son nom) qui gère le col et qui était contre les pillages. Toute cette vallée vit grâce à l’aéroport, et les locaux ont ici gardé la tête sur les épaules pour penser à ne pas détruire leur outil de travail et donc leur avenir. Certains voyous qui après le village de Paita voulaient venir à l’aéroport de Tontouta pour casser et tout piller en ont été dissuadés et bloqués par les Kanaks du chef Paita eux-mêmes. Comme dans le Nord de l’île, des barrages avaient pourtant été érigés réclamant le retrait de la loi sur le dégel du corps électoral mais sans rien détruire. A ce propos, la province Nord à majorité kanak est toujours restée calme et organisée, sans aucun débordement d’ampleur mais à l’heure qu’il est, elle n’est plus du tout approvisionnée en farine, en essence, en médicaments, ce qui est actuellement le plus préoccupant. Les barrages existent mais ils sont pacifiques.
Pitoyable et irresponsable demeure pour nous toute la classe politique de l’île qui, loyalistes et indépendantistes confondus ne mérite qu’une seule chose, devenir la proie vivante des requins qui d’ailleurs n’en voudront même pas tant leur chair est nauséabonde et pue de partout la défense de l’intérêt particulier :

La Nouvelle-Calédonie va tomber en récession et la courbe du chômage va connaître un bond ahurissant, des mouvements de départs auront inéluctablement lieu mais après de telles destructions où tout est à reconstruire, il y aura forcément pour les courageux et les jeunes des opportunités très fortes d’investissement, surtout dans le bâtiment. Certains imploraient presque il y a quelques semaines, un cyclone dévastateur : il aura été social.
Mais le plus dur pour ceux qui voudront rester sera l’ambiance locale de communautés qui ne peuvent plus se voir et s’entendre. Déjà, et nous déplorons ces remarques désagréables à faire, le peuple calédonien dans son intégralité est un peuple dur, fermé sur lui-même, méfiant, suspicieux, peu accueillant, fermé culturellement et intellectuellement et surtout, défaut irrémédiable, peu enclin à la moindre remise en question de lui-même, très éloigné de la gentillesse polynésienne ou de la sympathie pourtant fière et orgueilleuse du peuple guadeloupéen, un peuple sans parole d’honneur et au final très décevant.

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Tout y est : responsabilités écrasantes des « autorités » tribales,, du représentant inerte de notre République et surtout de Paris, où l’on s’occupe des toilettes de Madame Macron, des scandales homosexuels et des JO, au lieu de gérer le Bien Commun, menacé de partout ; des races qui ne peuvent se comprendre étant à des années-lumières les unes des autres quant aux mentalités et à l’organisation sociale ; une économie à la dérive et des nervis incapables de faire quoi que ce soit d’utile, mais admirablement utilisables pour saccager, incendier, détruire ce que la civilisation européenne a bâti.
La solution proposée : indépendance et location d’une base aéronavale paraît excellente sur le papier, mais elle n’est envisageable que si l’État parisien – si faible avec les voyous et si répressif avec les patriotes – est prêt à défendre les installations militaires contre toute attaque, sinon ce sera encore de l’argent gâché pour une position géostratégique que l’on ne pourra maintenir dans notre orbite que si les nations d’Europe s’unissent en un Empire fort, capable de se défendre contre les impérialistes phagocytaires : USA, Chine et le « lobby qui n’existe pas »… mais qui empoisonne la vie un peu partout sur la planète. Et l’on rappelle que l’Europe s’étend de l’Atlantique à Vladivostok et non « de l’Atlantique à l’Oural » comme le beuglaient des cuistres ignorant que les populations de Sibérie ont toujours appartenu à la race européenne
Reste à découvrir quel Service Action (voire quels services – car la position géographique néo-calédonienne peut intéresser x États) est derrière ces « manifestations spontanées » du peuple kanak… un peuple qui apparaît singulièrement désuni et peut-être davantage exploité par ses chefs tribaux que par les « Blancs », toujours culpabilisés, alors qu’ils apportent la civilisation technique moderne et, en un siècle et demi, ont fait passer cette population du paléolithique au monde contemporain pour ce qui est du confort de vie. Pour les mentalités, il semble bien qu’elles soient restées tribales, ce qui témoigne de l’échec de la tant vantée éducation républicaine.
Félicitations à l’auteur !
Bernard Plouvier
Merci pour cet article de grande qualité qui change des discours alambiqués et autre contre-vérités distillées sur tous les médias mainstream. J’aimerais me délecter du même ton piquant et perspicace dans un hypothétique portrait de la vipère Roch Wamytan…