par Michel LHOMME
Dès ce début de semaine, des manifestations et des émeutes ont secoué la ville, plongeant ses habitants dans un climat d’incertitude et de peur. Les rues résonnaient des bruits sourds des affrontements, tandis que des colonnes de fumée s’élevaient dans le ciel, témoignant des nombreux incendies qui ravageaient les entreprises et les quartiers.
Dans ce tumulte, les transports en commun ont rapidement été paralysés par une grève et les rues étaient envahies par des manifestants en colère.
Dans les établissements scolaires, la journée du lundi 13 mai a commencé comme n’importe quelle autre, mais s’est rapidement transformée en un cauchemar, marquée par l’annulation soudaine dans les lycées et collèges des conseils de classe du premier trimestre (calendrier scolaire hémisphère sud) pour permettre à chacun de rentrer chez soi, confronté à des défis logistiques sans précédent en raison de la grève et des troubles qui agitaient la ville.
La nuit venue, la situation a empiré, des émeutiers ont saccagé des dizaines d’entreprises dans les zones de Ducos et Grand Nouméa, pillant des épiceries de quartier et des caves d’alcool, tandis que des explosions sporadiques de bouteilles de gaz volées ont semé la panique et alimenté les flammes qui dévoraient la ville.
Mardi 14 mai, malgré l’absence d’instructions officielles, certains enseignants se rendent dans leur établissement dès 7 heures. Certains chefs d’établissements reconnaissent qu’ils n’ont pas de consignes claires et informent que personne ne sera sanctionné pour ne pas se rendre au travail. L’évacuation des internes (souvent broussards et habitants des îles) des établissements est assuré par les professeurs présents et le personnel administratif. À 14 heures, le Haut Commissaire suspend les cours jusqu’à nouvel ordre en raison des dégâts considérables causés par les incendies, mentionnant notamment le risque d’explosion d’une usine contenant des containers d’hydrogène.

Mercredi 15 mai, les incendies et les pillages se poursuivent, touchant notamment des magasins d’alimentation, des magasins de sport (Décathlon) et des murs d’escalade. Les habitants des quartiers sud s’organisent en milices pour protéger leurs maisons. Malgré un couvre-feu instauré de 18 heures à 6 heures, des manifestants tiennent les ronds-points la nuit, lançant des cocktails Molotov sur les voitures. Le gouvernement décrète l’état d’urgence et déploie quelques blindés pour protéger les infrastructures vitales. Un gendarme et dans la soirée trois civils ont été tués.
Jeudi 16 mai, de nouveaux établissements scolaires sont incendiés, ainsi que pratiquement tous les grands centres commerciaux comme Carrefour et son centre commercial Kenui inn, jouxtant le Lycée du Grand Nouméa, le centre d’Auteuil proche, ainsi que le sénat coutumier sur Nouville. Des attaques visent également des symboles français et des infrastructures de santé. La situation devient de plus en plus grave, avec des maisons incendiées et des habitants obligés de se défendre seuls. L’armée est appelé à sécuriser le port et l’aéroport. Le Haut-commissaire ne cesse de mettre à la fois de l’huile sur le feu (parlant à tout va de « voyous« ) et en même temps se larmoie en pleine conférence de presse allant jusqu’à dire ouvertement qu’ « on s’engage dans une guerre civile » ou à propos des touristes français et surtout étrangers ( taïwanais, australiens américains) bloqués qu’être coincés dans les hôtels de Nouvelle-Calédonie, » il y a pire » ! Tous s’en remettent dans un esprit colonial pourtant fustigé au haut-commissariat alors que le gouvernement indépendantiste est de droit totalement autonome sur la santé, l’éducation, l’approvisionnement et qu’il semble incapable – ou ne souhaite pas gérer – la situation dans ses domaines de compétence. Personne ne le souligne, ne s’en remettant à la France qui demain encore paiera, Bruno le Maire ayant déjà contacté les assureurs locaux pour faire pression.

Vendredi 17 mai : les renforts annoncés ne sont toujours pas visibles et de toute façon auraient reçu l’ordre de tempérer pour permettre le plus vite possible une solution politique. Le Haut-commissaire manifeste de plus en plus son incompétence de manière étonnante dans des interventions de plus en plus surréalistes, pacifistes et hors de propos. La nuit est réellement devenue plus calme. En dehors de l’approvisionnement alimentaire rendu très difficile par l’incendie des magasins, la situation semble se normaliser peu à peu sauf à certains carrefours toujours incontrôlés et pour l’accès aux soins en particulier des dialysés. Les communautés atterrées se regardent en chien de faïence. La catastrophe économique sera sans précédent et toute reprise projetée par un repreneur des entreprises nickel du territoire est rendue dorénavant lettre morte ou impossible à moins de s’en remettre à la Chine qui de toute façon contrairement aux affirmations des soi-disant experts sur les plateaux d’infos en continu de métropole ne veut pas du Nickel calédonien totalement non rentable, l’espoir d’une reprise du tourisme s’est par ailleurs totalement évanoui. On notera la lecture complètement artificielle et néo-colonialiste inversée en réalité des chercheurs du CNRS comme Benoît Trépied incapable de faire une lecture des événements sans s’en remettre à celle de 1984, sans tenir compte des changements démographiques du territoire (un tier de Kanaks, un tier de caldoches-métropolitains, et un tier de « métis » (wallisiens, indonésiens, vietnamiens), sans se départir d’une pensée woke décoloniale réductionniste, essentialiste, voire ouvertement raciste.
L’opération des émeutiers s’est révélée encadrée, organisée, ciblée par degrés : elle suppose une évidente préparation tactique en amont, l’alcool distribué ensuite gratuitement aux jeunes et les promesses de « courses gratuites » faisant le reste. Comment est-il possible que les services de renseignement l’aient ignoré et qu’informé de toute évidence ( ils le furent, par exemple, très tôt pour l’ingérence azerbaïdjanaise) aucune mesure de prévention, de surveillance, d’arrestation n’aient été prises ?

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