LE PRÉFET ATTAQUÉ À MAYOTTE

par Michel LHOMME

Malgré les efforts du maire de Tsingoni pour instaurer la paix, une explosion de violence a éclaté lors d’un foutari c’est-à-dire la cérémonie de rupture du jeûne du ramadan entre deux localités mahoraises, Miréréni et Combani ce samedi 6 avril.

Le maire de Tsingoni, Issilamou Hamada, élu il y a quelques mois en remplacement de l’ancien maire décédé Mohamed Bacar personnalité forte de l’île avait décidé d’organiser cette cérémonie pour tenter d’apaiser les esprits et d’établir une paix durable entre les deux communes, souhaitant marquer par là le début d’une nouvelle ère sans violence entre les villageois.

Avec difficultés, le maire de Tsingoni était donc parvenu la semaine dernière  à organiser cet événement, accepté et préparé en lien avec les communautés et les mosquées de chaque village. Assez fier de son succès, il avait alors invité à participer à cet événement aussi symbolique qu’important pour la sécurité des conseillers départementaux, le nouveau préfet Bieuville, qui avait accepté de se rendre sur place avec son épouse pour rompre le jeûne avec les autres dignitaires et la population.

Tout se déroulait à merveille jusqu’à ce qu’une poignée de voyous a décidé que la fête était terminée et a commencé à perturber les festivités en lançant des pierres. La police municipale et la gendarmerie ont aussitôt évacué le préfet, le maire et les personnalités vers la MJC toute proche, pendant que les gendarmes faisaient face aux voyous et tentaient de ramener le calme.

Comme ce que vit au quotidien chaque week-end la population de Mayotte, tout est alors parti dans tous les sens et bien évidemment, les voyous se sont regroupés pour affronter les forces de l’ordre. Le préfet Bieuville, pas très courageux et nouvellement nommé après le limogeage du précédent suite à l’épisode du blocage de l’île par les barrages a été escorté jusqu’à Mamoudzou pour sa sécurité. Selon des témoignages, le cortège du préfet aurait lui aussi été caillassé en chemin mais François-Xavier Bieuville n’aurait pas été touché.

Comme d’habitude, il a fallu plusieurs heures aux gendarmes pour disperser la cinquantaine, selon des témoins, des voyous habituels qui sèment régulièrement le chaos sur place bien connus des forces de police.

Les réactions ne se sont pas fait attendre pour dénoncer cette agression. Le collectif les Forces Vives de Mayotte a publié dimanche dans la matinée un communiqué de presse pour témoigner de son soutien au préfet et à son épouse, et a rappelé que cette violence était devenue ordinaire pour les Mahorais et que c’était contre celle-ci que leur mouvement de blocage prenait de l’essor s’il ne l’avait pas encore tout à  fait compris !

Le collectif a aussi souligné que derrière l’attaque de François-Xavier Bieuville, c’est toute la République que l’on cherche à toucher, soulignant par là qu’un nouveau stade venait d’être franchi dans le département. Ils en appellent une nouvelle fois à un plan beaucoup plus ambitieux pour en finir avec cette insécurité qui gangrène la vie quotidienne.

Concernant les Africains rapatriés en France au château de Grigon dont parle ci-dessus Marion Maréchal, nous tenons à préciser que ce ne sont qu’une partie d’entre eux car la majorité ont été reconduits dans leurs pays d’origine aux frais du gouvernement français. Actuellement, la PAF de Darmanin semblent surtout traquer les malgaches clandestins alors que quotidiennement les kwassa-kwassas continuent de débarquer à Mayotte surtout par le Sud. La centaine de morts du naufrage du Mozambique montre bien que  l’embarcation visait les Comores pour pouvoir rejoindre Mayotte.

Ce sont des millions d’euros en espèces trébuchantes, réellement en petites coupures qui alimentent chaque mois le gouvernement autoritaire des Comores que soutient la France. Rappelons ici que son Président Azali Assoumali contrairement aux codes démocratiques tant vantés par la République française s’est fait réélire pour un quatrième mandat et qu’il exerce désormais sa charge quasiment à vie par des élections dont tous les observateurs s’accordent qu’elles ne furent pas totalement régulières.  En décembre 2023, il avait fait démettre de ses fonctions Harimia Ahmed, la haute magistrate chargée du suivi des élections, un mois avant le scrutin sans que Paris ne fasse une seule remarque. L’opposition comorienne, il est vrai sans beaucoup de crédibilité, a rejeté « en bloc » les résultats du fait de nombreuses irrégularités qui constituent selon eux la preuve d’une fraude à grande échelle.

Pour l’instant, les Mahorais n’ont vu aucune ceinture maritime de l’île promise par Darmanin bloquer l’arrivée des kwassas-kwassas, aucune pression autre que des pots de vin financiers n’est exercée sur les dirigeants comoriens non pas pour stopper d’ailleurs mais pour modérer les départs ou rejeter surtout les Africains et les Malgaches n’est exercé sur le gouvernement comorien alors que leurs comptes et avoirs français pourraient facilement être saisis ! Par contre, on croise beaucoup de Russes dans les  rues de Moroni mais nos services ne les voient pas ou les prennent pour des touristes musulmans de l’ISIS !  

Dans la nuit de dimanche à lundi, des tensions ont éclaté à Tsoundzou 1. Les témoins évoquent des délinquants regroupés cherchant à défier les forces de l’ordre et la population locale. Une adolescente aurait été violemment agressée avant l’intervention des secours.

Les échauffourées ont duré plus de deux heures, mettant à rude épreuve les forces de police. Finalement, les délinquants ont battu en retraite face à la persistance des policiers sur place.

Le Ramadan n’est pas terminé que les délinquants et autres voyous sont sur le qui-vive. Cet incident souligne les défis persistants de sécurité auxquels Tsoundzou 1 est confronté mais malheureusement, il ne s’agit pas du seul village. A cela s’ajoutent des tensions maintenant de plus en plus vives entre migrants comoriens, africains et malgaches.

Les services de l’Etat et en particulier de l’Education nationale sont de plus plus inquiets pour la rentrée prochaine vu le départ massif des fonctionnaires métropolitains de l’île. Le rectorat de Mayotte met les bouchées doubles pour le recrutement des vacataires : https://www.ac-mayotte.fr/

Mais qu’attendent les syndicats pour faire monter la sauce, réclamer plus d’avantages, exiger la garantie de leur sécurité, une défiscalisation des primes ?


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