par Michel LHOMME
En Allemagne, un scandale a éclaté il y a deux semaines.
La directrice de l’agence de presse russe RT, Margarita Simonyan, a annoncé le vendredi 1er mars que la partie russe avait appris que des officiers de la Bundeswehr avaient envisagé des actes de guerre allemands contre la Russie et qu’ils avaient même entendu les conversations en question parce qu’elles avaient été interceptées et enregistrées.
Le lundi de la semaine suivante (4 mars), le magazine patriotique allemand en ligne Zuerst ! a publié cette nouvelle pour la première fois. Les Allemands ont alors commencé à parler de « der Taurus-Abhör-Skandal ».
De quoi s’agit-il ?
Quatre officiers de l’armée de l’air allemande avaient passé des appels longue distance (en date du 19 février). Quatre généraux : le chef de l’armée de l’air Gerhartz, un général d’état-major et deux généraux de corps d’armée. Trois des participants se trouvaient en Allemagne lors de l’appel, le quatrième était à Singapour.
Les officiers parlaient de la guerre en Ukraine. Ils ont mentionné les efforts déployés par les Britanniques et les Français. Les généraux Allemands ont alors parlé de l’opportunité d’une intervention allemande, avec des armes allemandes, avec les fusées dites Taurus. Ils ne voulaient pas être inférieurs aux Britanniques et aux Français. Les roquettes viseraient le pont russe sur le détroit de Kertch et d’autres cibles à l’intérieur du territoire russe. Comment procéder ? Combien de roquettes faut-il utiliser ? Telles étaient la substance de ces conversations.
Quelqu’un avait donc mis les généraux allemands sur écoute. Qui ?
On a supposé jusqu’aujourd’hui que ce sont les Russes qui ont écouté et enregistré la conversation tenue entre ces officiers allemands. Puisque ce sont les Russes qui ont été les premiers à rendre public ce qui s’était passé.
Dans un premier temps, la partie allemande n’a pas su comment réagir à l’incident. Devait-elle admettre que les pourparlers avaient bel et bien eu lieu ou accuser les Russes d’avoir tout inventé ? Ni le chancelier ni le ministre de la défense n’ont nié que la conversation interceptée avait eu lieu. Ils n’ont pas non plus nié que la conversation avait le contenu entendu dans les enregistrements.
John Helmer est un journaliste américain.
Le samedi 15 mars, ce journaliste américain a publié un article sur » der Taurus-Abhör-Skandal « , dans le magazine en ligne également Unz Review.
Helmer annonce une nouvelle sensationnelle. L’interception en question n’était pas russe, comme on l’avait d’abord pensé, même du côté russe; elle était américaine. Et l’analyse des documents qui n’ont pas été inclus dans un premier temps a révélé, non pas que les généraux allemands se préparaient à la guerre dans le dos du gouvernement allemand, en collusion avec les Américains, comme on l’a cru dans certains milieux, mais que les généraux se préparaient dans le dos des Américains. Et qu’ils ont été mis sur écoute par ces derniers. Et que c’est pour cela que leurs propos auraient été révélés aux médias.
Helmer pense que les Américains ont compris qu’ils avaient perdu la guerre en Ukraine et qu’ils essaient maintenant de s’en retirer. Et que font les états atlantistes européens ?
La conversation allemande qui a fait l’objet d’une fuite suggère bien clairement qu’ils sont déjà impliqués dans la guerre. Que font-ils alors? Se retirent-ils également de la guerre? Non, explique M. Helmer, les États européens envisagent de poursuivre seuls la guerre contre les Russes par leurs propres moyens, sans les Américains occupés par Gaza, demain l’Iran et la Chine.
En pratique, les Russes ont déjà gagné la guerre en Ukraine. Les Américains veulent se retirer.
Les soldats allemands, britanniques et français par les manœuvres en cours de l’Otan sont déjà sur le terrain et sont en train de se positionner en Pologne, en Roumanie en Bulgarie pour finir, pensent-ils, le sale boulot. Leur réaction à l’éventualité d’un retrait des Américains n’est pas d’arrêter leurs propres efforts, mais au contraire de les accroître encore.
Il y a une guerre avec la Russie et le narratif européen commence à se déployer comme il l’avait été quelques mois avant le 22 février 2022 :
« En pleine reconstruction, la Russie se préparerait à attaquer l’Europe, selon des experts«
Article de Zeleb.es
Reste à organiser un attentat spectaculaire sous faux drapeau via l’ISIS-Daesh (ISIS = Intelligence service-Mossad) pour tenter de pousser Poutine à commettre l’impair puisque la guerre ne se passe pas bien pour l’Occident.
Dans tous les cas, les États européens se retrouveront seuls face à la Russie mais obnubilés par leurs propres discours (la Russie ne saurait gagner la guerre) se lanceront dans une aventure guerrière qu’ils ne pourraient en aucun cas gérer sauf par l’anéantissement nucléaire de masse.
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