par Michel LHOMME
Voire même à l’hyperinflation ?…
Nous voudrions complèter ici la réflexion qui nous paraît juste de Marc Rousset que nous venons de mettre en ligne (https://metainfos.com/2021/03/29/entre-inflation-et-banqueroute-les-etats-choisiront-linflation/).
Posons-nous la question : qu’en est-il donc de l’opportunité d’inflation ou du risque d’hyperinflation aux Etats-Unis cette année ?
En économie, personne ne semble plus croire à l’hyperinflation. Cela dit, il y a moins d’un an, personne ne croyait à l’inflation. Si la mécanique d’endettement américain des vingt dernières années n’a produit aucune inflation apparente, cela ne signifie pas qu’il n’y avait pas inflation – cachée (dans les marchés financiers) ou exportée (dans les pays en voie de développement les plus proches de la sphère d’influence américaine comme l’Amérique latine). Il s’agit alors de se demander si la reconfiguration géopolitique mondiale en cours depuis 20 ans n’est pas de nature à réduire la capacité de détournement de l’inflation loin des porte-monnaie américains. C’est en tous cas ce que nous supposons. Trois caractéristiques semblent avoir présidé à l’hyperinflation allemande au début des années 1920 : le taux d’endettement ; l’existence de monnaies privées ; une forte vitesse de circulation monétaire. Si le premier point est coché depuis longtemps, l’apparition des monnaies numériques et des cryptos remplit désormais la seconde condition. Pour l’heure la vélocité monétaire est faible. Cependant les plans de sauvetage américains sont fléchés vers l’économie réelle : soutenir le pouvoir d’achat, financer des infrastructures, permettre aux gens de se soigner, etc. Tout cela dans un contexte de redémarrage rapide de l’économie « grâce » aux super-campagnes de vaccination américaine, voici de quoi justement augmenter la fameuse vitesse de circulation. Si aucune de ces causes prise individuellement ne peut faire craindre un épisode d’hyperinflation, leur combinaison simultanée est une vraie raison pour s’en préoccuper. La Fed et le Trésor américain, prévoient pour l’heure d’assumer un retour de l’inflation qui ne leur fait, apparemment, pas peur. De fait, pour se refinancer, le gouvernement ne pouvant pas compter sur l’impôt, l’inflation sera la bienvenue et sans doute la seule solution. Mais encore faudra-t-il la contrôler pour qu’elle ne se transforme pas en épisode d’hyperinflation et les conséquences possibles sur une population appauvrie ont de quoi inquiéter que ce soit aux Etats-Unis comme en France demain. Le jour où les marchés financiers américains cesseront d’absorber l’inflation induite par leur gigantesque niveau d’endettement, il faudra bien que ladite inflation se retrouve quelque part. Et vue la hauteur de la montagne de dette, une amorce inflationniste pourrait alors être très vite effectivement hors de contrôle. |