LA FIN D’UN MONDE

par Gabriele ADINOLFI

Il n’y a rien à ajouter : l’épreuve des faits nous donne satisfaction.

Bannière avec des slogans en français sur un fond illustrant un drapeau, mettant en avant la lutte contre la corruption et le soutien des gens honnêtes et courageux.

Non seulement parce qu’elle confirme que nous ne nous sommes pas trompés dans nos analyses et nos prévisions depuis quarante ans déjà, mais parce qu’elle démontre que le retard des classes dirigeantes sur la réalité est à ce point considérable qu’il les a entraînées dans le solipsisme abstrait ; un peu comme, chez les « antagonistes », les plaisanteries du philo-Russisme et du multipolarisme. Désormais, ils flottent tous comme des plumes — ou peut-être comme une autre matière organique — à la surface d’une mer en tempête dont ils ne comprennent absolument rien à la nature.

Un homme en train de glisser sur une barre verte dans un environnement rempli de fumée et de lumière rouge, semblant en difficulté.

Maintenant que la victoire de l’AfD dans un Land allemand s’ajoute à la confirmation du RN français comme premier parti, tandis qu’en Ukraine les symboles du passé dominent sur le front et dans les cœurs, nous assistons aux autocritiques angoissées des bourgeoisies radical chic, dont l’indigence sidérante ne trouve d’équivalent que dans le triomphalisme passif et messianique des droites terminales, qui prennent ce changement de rythme vers l’avenir pour le début des scénarios psychotiques qu’elles ont nourris dans leurs ghettos et leurs pubs.

Un manifestant portant un gilet jaune avec un message écrit sur le dos

Les premiers renversent l’analyse et proposent des recettes de contention qui n’ont ni queue ni tête : elles rappellent le paracétamol et la « surveillance attentive » en cas de Covid. Les seconds voient dans la marée montante du rejet populaire la prémisse de l’effondrement irréaliste d’un système qui, dans leur esprit, marquerait ensuite l’avènement d’une démocratie pure dans laquelle chacun s’enliserait heureusement dans son propre village « souverainiste ».

Il ne s’agit plus de « ni front rouge ni réaction », mais de « ni psychose ni démence ».

Les réactionnaires progressistes (c’est ce que sont aujourd’hui les courants dominants) ne comprennent pas que la marée montante du rejet populaire n’est pas due à l’incapacité politique et juridique de lui mettre un frein, mais à la transformation des réalités économiques et sociales et des relations internationales qui, comme nous l’annoncions il y a quatre décennies, a redistribué géographiquement le butin, concentré les richesses entre quelques mains, prolétarisé les populations mais, surtout, les a rendues petites-bourgeoises et a ainsi produit une situation sociale et psychologique comparable à celle de l’immédiat après-guerre. Nous l’annoncions dès 1986 et exhortions à agir dans cette direction afin de pouvoir en tirer parti.

Il n’existe aujourd’hui aucune possibilité psychologique, ni même économique, de relancer la social-démocratie ; le libéralisme débridé ne crée pas suffisamment de production ; le communisme est un échec socio-économique et ne peut survivre que s’il est financé par l’un des deux autres systèmes capitalistes.

Ce qui fait défaut, c’est la capacité à proposer une interprétation. C’est pourquoi les classes dirigeantes de l’administration politiquement correcte sont impuissantes et enragées : mais on ne fait pas baisser la fièvre en la réprimant.

En attendant, le système fonctionnera comme un grand estomac, sans être véritablement remis en question, mais avec de continuels phénomènes de réajustement. Un peu comme ce qui s’est produit en France de 1789 à Napoléon. Probablement — mais ce n’est pas certain — sans guillotines.

Citation de Bob Marley sur un fond de fumée, exprimant la confusion induite par le monde.

La capacité à exprimer des visions et à faire émerger des personnalités politiques fait presque totalement défaut au sein du front populiste, qui s’est habitué à vivre de ses rentes, mais qui est désormais appelé à montrer ce qu’il vaut. La seule fois où il a été mis à l’épreuve, avec le gouvernement « jaune-vert » en Italie, il a démontré qu’il pouvait faire regretter jusqu’aux classes dirigeantes actuellement aux commandes. Le fossé à combler pour pouvoir offrir quelque chose à ce que les électeurs demandent de manière confuse est stratosphérique.

Et c’est la raison pour laquelle il ne faut pas déléguer les espoirs aux représentants, terriblement occasionnels, éphémères et interchangeables, du populisme et du souverainisme, comme ce fut précisément le cas pendant la Révolution française, mais qu’il faut chevaucher le tigre et régénérer le tissu populaire en vue de la Synthèse.

Je renvoie une fois encore à mon document politique, qui indique une voie et une boussole https://noreporter.org/wp-content/uploads/2026/09/DocFranc.pdf

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